La vie selon Juan Salvador, palmipède d’Uruguay, Tom Michell

cover93651-mediumLa vie selon Juan Salvador, palmipède d’Uruguay, Tom Michell paru le 10 Novembre 2016 chez Fleuve éditions, 263 pages.

Tom Michell est né en Angleterre et a développé une passion pour l’Amérique du Sud qui l’a poussé à un grand périple dans la peau d’un jeune aventurier, parcourant les chemins sur sa moto dans un esprit Che Guevara. C’est cette aventure et plus encore celle d’une rencontre incroyable qu’il a eu envie de narrer, agrémentée de petits dessins et croquis qu’il a lui-même esquissés.

Le début de l’histoire de La vie selon Juan Salvador :

Tom Michell, tout jeune enseignant, a saisi l’opportunité de partir en Amérique du Sud, sa terre de prédilection. Il se trouve en Uruguay et doit repartir pour l’Argentine lorsqu’il fait une terrible découverte. En se promenant, il aperçoit échoués sur le rivage des milliers de manchots, tous gisant sans vie, victimes de la folie des hommes et d’une marée noire dévastatrice. Le narrateur regarde accablé cette tuerie massive et s’apprête à repartir lorsqu’il perçoit du mouvement… Se pourrait-il qu’un des oiseaux ait survécu à ce carnage ? En s’approchant, il constate que parmi le monceau de morts, un plus chanceux ou plus coriace est encore vivant. Mais pour combien de temps encore ? Ses ailes mazoutées ne laissent que peu d’espoir pour la suite. Seulement, Tom ne peut pas se résoudre à l’abandonner sur place. Il essaie de lui porter secours bon an mal an et le ramène le plus discrètement possible dans son appartement où il se lance dans une entreprise bien délicate : le nettoyage d’un palmipède recouvert de pétrole et bien décidé à en découdre avec tout être humain perçu tel un ennemi retors.
Redevenu à peu près propre, le sauveteur du manchot le raccompagne à la mer et lui dit au revoir. Mais c’est sans compter sur ce compagnon qui n’entend pas qu’on se sépare de lui si facilement. Et c’est ainsi que le manchot, prénommé Juan Salvador, est entré dans la vie de Michell et de beaucoup d’autres personnes pour leur plus grand bonheur.

Mon avis sur La vie selon Juan Salvador de Tom Michell :

Il fait gris dehors, vous êtes d’humeur chafouine et l’on vous rebat les oreilles avec des histoires d’adorables chiens ou de mignons chatons. Il vous prend alors l’envie d’envoyer vos amis au diable pour leur manque d’originalité. Et si vous changiez d’horizon et essayiez La vie selon Juan Salvador ?
Dans ce récit d’aventure et de voyage aux accents animaliers, un manchot des plus populaires vous initiera à une philosophie de vie stimulante en instillant une sacrée dose de sagesse à ses nombreux interlocuteurs qui voient en lui un ami éclairé au cœur de cette Amérique du Sud des années 70.
Palpitant, attendrissant, ce roman dans l’air du temps offre une lecture grand public distrayante et émaillée de petits dessins réussis, non dénué d’humour malgré tout et saupoudré d’une grande tendresse. C’est encore une belle histoire d’amitié improbable qui nous est contée avec sincérité.
On parie que vous vous laisserez attendrir par le palmipède Juan ? Et qui sait si à la fin du livre, vous n’aurez pas des fourmis dans les jambes et l’envie folle de parcourir les routes à la recherche du peuple des manchots ?
Dans un tout esprit, vous pourrez poursuivre votre passion naissante des palmipèdes grâce à la lecture de Mon dernier continent de Midge Raymond (cf mon article).

Place à l’extrait !

   « Le lendemain matin, mon réveil sonna sur les coups de cinq heures. J’avais beau m’être couché avec la certitude d’avoir pris la bonne décision en choisissant d’emmener Juan Salvador en Argentine, j’avais quelque appréhension concernant le déroulement de la journée. Il faisait encore nuit dehors, mais je me levai vite pour vérifier qu’il avait bien surmonté les événements de la veille. Je me surpris à sourire en le découvrant a priori en pleine forme et très heureux de me revoir. Battant des ailes et trottinant dans la baignoire, il balançait la tête en me dévisageant, d’abord de l’œil gauche, puis du droit.
_
Ah, bonjour ! Bien dormi ? On s’est offert une petite grasse matinée, pas vrai ? Enfin, mieux vaut tard que jamais. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Je suis fin prêt pour une petite aventure ! semblait-il dire.
_ Aujourd’hui, nous allons prendre l’hydroptère pour rentrer en Argentine, répondis-je. Si tu te tiens bien, nous n’aurons aucun problème, alors laisse-moi prendre les choses en main sans t’en mêler, d’accord ?
   Je rassemblai mes affaires et fis disparaître Juan Salvador dans le filet à provisions. Après avoir vérifié une dernière fois l’état de l’appartement, je verrouillai la porte. Tout en m’acheminant vers la gare dans la nuit froide, je formulai le vœu ardent que les Bellamy n’apprennent jamais que j’avais lavé un manchot dans leur salle de bains. J’avais fait de mon mieux pour ôter toute trace de l’extraordinaire journée de la veille et j’étais sûr de n’avoir rien laissé de plus qu’une odeur persistante d’oiseau. » 

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