La blancheur qu’on croyait éternelle, Virginie Carton

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie CartonLa blancheur qu’on croyait éternelle, Virginie Carton, Stock, paru le 19 Mars 2014, 222 pages

C’est le second livre de Virginie Carton qui avait publié en 2012 Des amours dérisoires chez Grasset.

Résumé :

Le lecteur suit la vie de deux trentenaires : Mathilde et Lucien. A l’image de leurs prénoms, ces deux-là ne se sentent pas complètement ancrés dans leur époque. Il y a bien un décalage entre eux et la société actuelle.
Lucien a ouvert un cabinet de pédiatrie à Paris et se fait tant bien que mal sa « clientèle ». Le métier lui plait, pour le reste, il a mis quelque peu ses ambitions en veilleuse. A son âge, il espérait avoir déjà un plus grand appartement, une femme et pourquoi pas des enfants. Mais il peine à trouver son âme soeur.
Passionné par les films de Jean-Louis Trintignant, il aspire à remonter le temps au volant d’une Mustang dans un Deauville battu par la pluie. Il a bien tenté ce phénomène incontournable de la sociabilisation ; il s’est inscrit sur Facebook mais a clôturé son compte au bout d’une semaine quand sa banque lui a envoyé une demande pour devenir son « ami »… Sans bien comprendre ses contemporains, ni cultiver le goût de la fête (ce que ses anciennes petites-amies ne manquaient pas de lui reprocher), un soir il s’oblige à aller à une soirée costumée, donnée par son voisin, habillé en Joe Dassin avec un chic costume blanc…

Mathilde, bretonne arrivée à Paris, est quant à elle, une inconditionnelle admiratrice de Romy Schneider dont elle envie l’élégance et le beau blond cendré de sa chevelure. Elle a fait de brillantes études à HEC et au grand désespoir de sa mère qui ne se prive jamais de lui faire des reproches, elle n’est qu’une simple vendeuse dans une petite boutique de chocolats. Mais elle nourrit une passion authentique pour le chocolat et endosse bientôt le costume de chocolatière. Aux premières heures du jour, quand les parisiens s’éveillent à peine, elle est déjà dans son atelier à créer de délicieuses et audacieuses ganaches qu’elle va pouvoir conseiller à sa clientèle variée.
De nature timide et peu sûre d’elle, elle aime à passer des soirées drapée de sa solitude et de son pyjama en pilou devant des émissions de divertissement telles que Miss France avec un plateau repas. Elle a vécu une histoire d’amour qui s’est soldée par un échec parce que lui était moins casanier qu’elle et à cause des maudits téléphones portable. Ses copines tentent de lui dégoter un Jules mais la mission n’est pas aisée. Il lui faut quelqu’un d’aussi rétro qu’elle, hors temps, hors champ… Un homme comme Lucien peut-être ? Mais comme souvent dans les grandes villes en particulier comme un peu partout en général, ces deux-là  se croisent sans se voir et la rencontre se fait attendre.
Un soir pourtant, devant l’insistance de son voisin, elle troque à contre coeur sa tenue de nuit pour un grand drap blanc qui fait d’elle un fantôme en la cachant aux yeux de tous et elle se rend ainsi chez son nouveau voisin qui a organisé une fête déguisée…
Entre cette histoire qui se raconte au présent, s’intercalent des chapitres narrant des tranches d’enfance de chacun.

Mon avis :

   Ce roman est une bouffée de fraîcheur et ce n’est pas une vaine expression. Au coeur de notre société saturée de communication à tout va, de médias, de réseaux sociaux, il est si bon de voir deux êtres s’accrocher aux vestiges d’une époque disparue. Il y a quelque chose d’une nostalgie douce amère dans cette si jolie histoire qui va faire se rencontrer deux êtres tantôt touchants, tantôt cocasses. Et ce n’est pas tant la rencontre qui importe ici, c’est la manière dont l’auteure prête vie à ses deux protagonistes et comment elle convoque un mélange de souvenirs culturels, musicaux, filmiques et sociaux propres à une génération. Beaucoup s’y retrouveront et particulièrement les trentenaires et tous les nostalgiques d’un passé désuet.
Virginie Carton fait discrètement défiler tout un répertoire musical émaillant un texte joliment écrit d‘extraits de chansons françaises.
Après avoir lu la « Bande originale » et les « Bonus », la tentation est grande de rouvrir le livre et de tout relire le sourire aux lèvres.

Un petit extrait qui vous donne à voir le personnage de Mathilde :

   « Tout ce que Mathilde voulait, c’était regarder des DVD et manger des pizzas livrées à domicile en tête à tête avec son amoureux. C’était déjà bien assez nouveau et moderne pour elle. Ca lui suffisait, comme modernité. Elle n’avait pas besoin de plus de monde que ça dans sa vie, et surtout pas de gens invisibles. Elle voulait juste lui. Elle l’avait choisi lui, pas tous ces gens reliés à lui par un fil virtuel qu’elle ne maîtrisait pas.
Et puis il y avait eu la question du mariage. Ils n’avaient que vingt-trois ans, mais leurs parents s’étaient mariés à vingt ans, alors ça n’était pas si jeune, pour eux, vingt-trois ans. Elle se sentait prête. Elle savait cuisiner maintenant, ses études se terminaient, elle voulait s’engager, avoir des enfants. Elle n’avait pas compris à quel point le monde était en train d’évoluer. A quelle la vitesse la société allait accélérer son rythme fou et faire voler en éclats toutes les valeurs qu’elle s’appliquait à respecter, qui faisaient d’elle ce qu’elle était : une fille entière, qui ne savait ni mentir ni tricher, prête à donner son âme, tout son être.
Bientôt, tout ce qu’elle était n’aurait plus de valeur pour grand monde. Tout le monde s’en foutrait.
Julien aussi. »

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