A l’encre russe, Tatiana de Rosnay

A l'encre russe, Tatiana de RosnayA l’encre russe, Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson, paru le 21 Mars 2103, et chez Le Livre de Poche le 23 Avril 2014, 372 pages.

Tatiana de Rosnay est franco-américaine. Elle a écrit plusieurs romans dont le célèbre Elle s’appelait Sarah porté à l’écran. Elle écrit tantôt dans sa langue natale, tantôt en français.

Mon résumé :

Nicolas Kolt est devenu célèbre à la suite de son premier et unique livre publié chez une petite maison d’édition et traduit dans de nombreuses langues. Son roman a été adapté au cinéma avec l’actrice Roin Wright qui a remporté un oscar. Il fait aujourd’hui figure de superstar et surfe allègrement sur sa célébrité : Facebook, twitter, voyages et dédicaces… Ce succès fulgurant a fait de lui un être superficiel, vain, arrogant et surtout l’a éloigné de sa véritable ambition. Car il a cessé d’écrire. C’est tellement moins drôle que de se prélasser dans un hôtel luxueux et d’être reconnu et bien traité. Alors pour son éditrice et les quelques proches qu’il a su garder, il fait semblant. Le problème, en plus de sa fainéantise, c’est que, si l’inspiration s’est envolée, son premier roman, lui, n’était en rien calculé. Il l’a écrit suite à une découverte personnelle et familiale qu’il a faite par hasard dans sa vie. Alors que pourrait-il écrire dorénavant ?
Dans l’espoir de se ressourcer et de retrouver sa plume, il s’embarque pour trois jours sur la côte toscane aux côtés de sa petite-amie qu’il n’aime pas tant que la femme dont il partageait le quotidien avant que la gloire ne lui monte à la tête. Il ne le sait pas encore mais ces trois jours vont bouleverser la donne par leur lot de rencontres et menus événements.

Mon avis :

Un héros aussi tourmenté, malmené que vaniteux et inconséquent à certains moments navigue sans cesse entre un passé très lourd et un présent bien futile. Peu à peu, le lecteur apprend à deviner le vrai Nicolas qui s’abrite sous la célébrité. Comme très souvent chez Tatiana de Rosnay, la thématique du secret de famille occupe une place de choix dans cette histoire, somme toute assez légère qui aborde d’un point de vue intéressant le métier d’écrivain et d’éditeur et leurs travers. Et dans cet hôtel italien, tout n’est que luxe, calme et vanité… Parsemé de quelques moments d’une franche crudité.
On est partagé entre deux sentiments pour le héros d’A l’encre russe : un mépris pour l’image de vedette qu’il s’est fabriqué et qui l’éloigne chaque jour un peu plus de son être profond, et l’envie de le voir se remettre à écrire et affronter la réalité.
Si ce n’est pas le meilleur de Tatiana de Rosnay à cause d’un secret de famille vite expédié, de quelques longueurs dans ce livre _ peut-être à l’image de l’indolence du héros de papier_, il se lit plutôt bien et montre l’envers du décor qu’une trop grande et rapide célébrité peut entraîner.

Place à l’extrait :

   « Nicolas se lève. Il va nager pour la première fois. Il enverra un message à François plus tard. Il baisse les yeux pour regarder Malvina, recroquevillée sous son parasol, dormant à poings fermés comme un petit animal.
Il plonge dans la mer, et lorsqu’il en sort pour prendre sa respiration, le plaisir de la caresse veloutée sur sa peau se mêle au bonheur de renouer avec cette sensation qui lui manquait depuis Camogli. Ici, on perd vite pied. L’eau est d’une transparence absolue. Nicolas distingue le fond parsemé de pierres ovales et claires, où filent des poissons argentés. Sous l’eau lui parvient le ronronnement placide d’un bateau alentour.
Trois jours. Trois jours de paix. Trois jours rien que pour lui dans ce paradis, ce bleu irréel. Personne ne sait qu’il est là. Il ne l’a même pas tweeté, s’est retenu de l’afficher sur son mur Facebook. Si on a besoin de lui, son BlackBerry s’acquittera de la tâche. « Détendez-vous bien,
Signor », lui a dit le plagiste radieux en déployant sa serviette. Trois jours pendant lesquels il peut prétendre écrire. Trois jours de flemme.
Malvina ouvre un oeil alors qu’il se sèche.
_ Tu devrais aller nager, lui dit-il.
Elle hausse les épaules.
_ Je ne me sens pas bien.
_ Quelque chose que tu as mangé, peut-être ?
_ Peut-être.
Elle se pelotonne dans sa chaise longue. » 

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