Le dernier battement de coeur, Simona Sparaco

41TwFTCvekL._SX195_Le dernier battement de cœur, Simona Sparaco paru chez Michel Lafon le 7 janvier 2016, traduit de l’anglais par Elise Gruau, 254 pages.

Simona Sparaco est écrivaine et scénariste, elle est italienne. Le dernier battement de cœur  est son premier roman traduit en français. Il a connu un franc succès en Italie et a figuré dans la dernière sélection du prix Strega, l’équivalent de notre prix Goncourt.

Mon résumé :

Luce et Pietro attendent leur premier enfant après avoir essayé pendant cinq longues années. En Italie, la FIV n’est pas autorisée. Si la nature ne vous est pas favorable, tant pis pour vous. Luce est journaliste et nous avons quelques lettres de lecteurs et lectrices venant donner leur avis, lui poser des questions, la remercier, débattre sur tel sujet. Le premier chapitre donne un avant-goût du cœur du sujet : Luce et Pietro attendent un petit garçon prénommé Lorenzo. Luce est à vingt-neuf semaines de grossesse. Ses pensées s’égarent vers la couleur choisie pour la chambre du bébé : un bleu qui n’est pas tout à fait celui qu’elle avait imaginé. Sa grossesse semble évoluer normalement et pourtant lorsque l’échographe commence l’examen, son sourire s’efface soudainement. Il y a un problème de taille semble-t-il.  Elle explique que depuis la vingtième semaine, l’enfant n’a pas grandi comme il aurait dû, elle ne le découvre que maintenant. Elle évoque « une forme de dysplasie du squelette ». Luce, angoissée, ne peut s’empêcher de demander à son tour : « – C’est ma faute ?.
Puis nous avons un retour en arrière permettant d’évoquer les circonstances de leur rencontre, leur difficulté à concevoir et la grande nouvelle de l’arrivée d’un bébé puis les premiers mois de grossesse racontés avec authenticité et vérité. Nous revenons alors au départ où plane l’ombre d’une nouvelle tragique que la suite du roman développe largement. Je préfère ne pas vous en révéler davantage pour ne pas entamer le plaisir de cette lecture.

Mon avis sur Le dernier battement de cœur :

Un sujet des plus difficiles traités avec la plus grande délicatesse et une immense sincérité au point que l’on regarde sur la couverture s’il n’est pas mentionné quelque part : « tiré d’une histoire vraie ».  L’écriture est tantôt légère, tantôt vibrante. Les mots coulent avec bonheur et simplicité. On adhère aussitôt au personnage, à son enthousiasme désarmant, à sa fragilité touchante et à son parcours aussi riche que complexe. L’auteure parvient à dépeindre les émois d’une femme enceinte et de son compagnon confrontés à une terrible nouvelle avec pudeur et émotion en alternant détails insignifiants, pensées parasites, décor environnant et annonces bouleversantes, décisions à prendre, choix impossibles. Cela ancre le roman dans un réalisme aussi fort que troublant. Et l’auteure élargit à d’autres questions subsidiaires telles que le couple, la parentalité, la relation à sa propre mère…
Sparaco signe un roman des plus bouleversants avec une écriture juste, forte et précise au cœur d’un sujet très peu traité (personnellement je ne me souviens pas avoir lu d’autres romans traitant de cela). On évitera d’offrir ce roman à sa copine enceinte mais indéniablement c’est un grand roman empli d’une émotion authentique et vraie.

Un extrait pour vous donner une petite idée du roman de Sparaco :

« Lorenzo est arrivé un matin de juin, quand, après, cinq années de tentatives infructueuses, Pietro avait décidé de ne plus l’attendre.

Je m’étais réveillée par paliers, appelée par une nécessité impérieuse, tirée de force du sommeil. Pendant que je refaisais surface, l’instant d’une fraction de seconde j’avais oublié comment je m’appelais. Je n’avais plus trente-cinq ans et ma vie était encore une page blanche. Il n’y avait pas d’article en cours de rédaction dans mon ordinateur ni de lecteurs de ma rubrique en attente de ma réponse. Il n’y avait pas non plus la pile de contraventions et de factures à l’entrée, la liste des courses, les vêtements à amener chez le teinturier, les casseroles dans l’évier de la cuisine remplies d’eau et de produit vaisselle à ras bord. Je n’avais pas les cheveux trop bouclés ni les yeux toujours gonflés. Et dans cette brève parenthèse d’inconscience, je n’étais la fille de personne.
Puis je me suis tournée vers la commode.
La première chose qui est nettement apparue, à côté du réveil, a été le test d’ovulation. Je l’avais oublié là la veille, et le voir a été comme recevoir une gifle en plein visage. Il m’a rappelé immédiatement qui j’étais et où j’étais.
Dans ma chambre, certes, mais surtout dans les jours les plus fertiles du mois. » 

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