Juste une fois, Alexandre Jardin

juste une foisJuste une fois, Alexandre Jardin, paru le 8 Octobre 2014 chez Grasset, 236 pages.

C’est le retour d’Alexandre Jardin à ses premières amours : le roman sentimental et romantique.

Mon résumé :

Hannah est une femme malade dont la mémoire s’échappe. Elle ne reconnaît plus son mari ni son fils qu’elle appelle César. Mais à l’évocation d’un objet symbolique lié à une date cruciale qui remonte à l’année 1986, Hannah semble se rappeler précisément ce dont il est question.
Retour en arrière. Hannah est une femme de 35 ans qui doit épouser Arnaldo au Québec. Son amie, Kiki, a un regard très critique sur ce mariage et sur l’absence de passion qu’éprouve Hannah pour son fiancé. Mais cette dernière rejette toute relation passionnelle depuis cette fameuse année 1986, elle se protège et juge les femmes, adeptes de ces niaiseries, bien frivoles et inconséquentes.
En 1986, sa soeur (depuis lors décédée) épousait le fameux César qui réalisait alors subitement qu’il aimait en fait Hannah. Ne pouvant reculer devant sa promesse d’union, il avait alors proposé à Hannah une invitation pour faire l’amour « juste une fois », vivre cette passion à deux puisque leur amour était autrement impossible.  Cette proposition était à durée indéterminée. .
Hannah n’a pas cédé sur le moment. A l’approche de ses noces à elle, César, l’écrivain, l’homme romantique, adulé mais brisé, revient dans la région. Hannah se laissera-t-elle tenter par ce désir jamais éteint ? Ou privilégiera-t-elle son engagement imminent avec le trop modéré Arnaldo qu’elle a sorti de l’alcoolisme ?

Mon avis :

L’histoire, bien que mièvre, aurait pu être somme toute plaisante si ce n’est quelques détails qui ont opéré sur moi tel un puissant répulsif.
Outre les grandes envolées lyriques et romantiques, les longues phrases, les syntaxes étudiées ainsi que le choix du vocabulaire qui fait ressembler les passages narratifs à une prose de facture classique mais quelque peu vieillie, les dialogues plus crûs sont en québécois et le contraste entre la narration et le dialogue est tout simplement, à mes yeux, abominable ! L’on dirait vraiment un gag ce roman d’autant plus qu’Alexandre Jardin se met en scène (en termes négatifs) régulièrement dans ce roman, lui directement et indirectement par le biais du film Fanfan.
Les personnages ne m’ont pas captivée et l’histoire m’a parue écrite d’avance. Ceci dit, à travers les conversations ; l’on entend clairement l’accent québécois. Cela peut séduire, moi, pas du tout !! Cela a un aspect comique inattendu.
Bref, je suis restée spectatrice durant tout le roman. A prendre au troisième ou quatrième degré pour en apprécier  la lecture…

Je vous livre un petit extrait d’un des nombreux dialogues croustillants :

« _ Moi, cette proposition tripante, elle me fait capoter, même virer folle ! Si ça arrivait juste une fois, ça me redonnerait espoir en l’amour idéal, au moment où avec André… je m’ennuie ben des fois. A soir, il regardera ni ma face, ni mes fesses ni mes boules alors que j’ai investi dix mille piastres dans une paire de seins tout neufs ! Pire, il m’ôtera même pas ma brassière ! C’a pas d’allure cette distraction ! Même si c’est pas pire qu’André m’ait en garde partagée avec d’autres gars, j’suis plus capable.
_ De quoi ?
_ De continuer de même ! Tromper, c’est plate, ennuyeux. C’est aussi une maudite routine et j’ai embarqué dans c’te routine-là ! Je m’ennuie de mes rêves à l’eau de rose ! »

 

 

 

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