je ne retrouve personne, Arnaud Cathrine

je ne retrouve personne, Arnaud Cathrineje ne retrouve personne, Arnaud Cathrine, Verticales, Septembre 2013, 227 pages

Résumé :

Le narrateur âgé de 35 ans se voit contraint sous la pression de son « grand frère » de mettre entre parenthèses le temps d’un week-end sa vie parisienne d’écrivain en pleine promotion pour s’occuper de la vente de la maison familiale en Normandie.
Ce court séjour forcé va se transformer en un véritable bilan personnel de trois mois empli de doutes, de mélancolie et d’une forme de complaisance dans le mal-être qui colle à la peau de ce narrateur écrivain toutefois si attachant.
Retourné sur les lieux de son enfance, Aurélien réalisera peut-être à quel point il s’est fourvoyé dans sa propre vie présente et passée. S’il « ne retrouve personne » parmi les êtres qui ont jalonné son passé, il semble que le moment soit opportun pour définir les liens qui l’attachent ou l’éloignent des autres : ses parents, son frère, son ex, sa fille de coeur, ses anciens camarades d’enfance.

Et peut-être au bout de cette quête, une rencontre inattendue sous forme d’un nouveau départ…

 

Critique :

Arnaud Cathrine signe là un roman fort avec un narrateur marquant que le lecteur va accompagner dans son intimité faite de spleen le temps d’une escapade normande dont la fin est chaque fois repoussée.
L’écriture brute, ciselée, elliptique accompagne à merveille cette histoire sans concession dans laquelle Aurélien, anti-héros par excellence, nous ouvre les pages de son quotidien empli d’une beauté crépusculaire.
Au gré du ressac et des marées, le lecteur suit les mésaventures d’un homme aux prises avec ses pairs, ses démons, ses proches.
Entre averses et petites éclaircies, gageons que vous passerez un moment intense grâce à ce magnifique roman.

Adeptes d’Olivier Adam, ce livre est également fait pour vous !

 

Je vous propose un extrait où transparaît une certaine âpreté dans l’écriture d’Arnaud Cathrine :

 

« Un accès de tristesse m’a envahi au moment de rentrer dans la pharmacie. Je ne sais même pas si le type derrière le comptoir m’a reconnu, j’ai payé et quitté les lieux sans m’attarder. A peine dehors, c’est la place du Lavoir qui s’est remise à vivre, avec cette sensation d’adolescence plantée dans l’estomac : j’ai revu les bandes embusquées sous la halle, prêtes à commenter la simple vue de mon corps trop long, trop maigre, de mes traits pas suffisamment masculins et les accents de cette voix qui tarda tant à muer. Paris m’aura, entre autres choses, autorisé ça : pouvoir me fondre dans la foule, marcher dans la rue sans craindre de me faire insulter. Mes livres m’auront autorisé plus exaltant encore : être entièrement responsable des jugements que j’inspire, fussent-ils négatifs.
Il s’était de nouveau éveillé en moi, l’adolescent obnubilé par ce seul horizon : partir et ne plus jamais se voir humilié pour des choses si peu consenties
_ un corps. Si j’avais cousu mon destin à celui de mon frère, projetant d’échapper avec lui à mon village, c’est d’abord parce que je me savais indésirable, indésiré. Et voilà que j’étais brusquement ce garçon de trente-cinq ans traversant la place du Lavoir déserte, une légère anxiété dans la paume des mains, guettant et jetant des coups d’oeil furtifs alentour. Mais rien ne vint.   Où sont-ils ceux qui l’ont écrasé si quotidiennement ? Vieillis, casés, partis, oubliés, agents immobiliers, pas là, assagis, autrement, ailleurs.

  A quoi bon rester si c’est pour revivre ça ? « 

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