Deux, Penny Hancock

-HancockDeux, Penny Hancock, paru chez Sonatine le 5 Novembre 2015, traduit de l’anglais par Marianne Thirioux, 422 pages.

Après l’excellent premier roman Désordre (cf mon article) nous retrouvons l’auteure londonienne dans un deuxième suspense psychologique.

Le résumé de Deux :

Le titre français Deux (bien diféfrent de celui en anglais : The Darkening Hour) renvoie à la dualité des deux personnages principaux, ces deux femmes que le lecteur découvre avec autant d’intérêt que de méfiance. D’un côté, il y a Mona qui vient d’arriver en Angleterre après avoir quitté le Maroc pour pouvoir aider sa mère malade et sa fille qu’elle espère faire venir rapidement. Son mari a disparu depuis quelques mois et Mona aime à penser qu’il s’est réfugié en Angleterre et qu’elle pourra le retrouver. Elle est embauchée à Londres par Theodora, working girl et maman quelque peu dépassée par son fils ado et devant gérer un père atteint de la maladie d’Alzheimer, un amant et un travail exigeant.
Parce qu’elle veut pouvoir recevoir dans un intérieur impeccable et renouer avec une vie sociale digne de ce nom, l’exigeante et perfectionniste Theodora voit en Mona une aide bienvenue lui permettant de se décharger d’un bon nombre de corvées.
Subissant de profonds bouleversements dans sa vie, Theodora voit également en Mona une alliée et une confidente. Mais brutalement la méfiance s’installe et les rapports de force et d’inégalité entre les deux femmes se font de plus en plus saillants jusqu’à instaurer un climat malsain dans la maisonnée.
Et voilà le lecteur repensant au prologue plus qu’intriguant…

Mes impressions à la lecture du Penny Hancock :

Nous sommes plongés dans un thriller psychologique dont le peu de personnages n’empêche pas la tension d’être de plus en plus prégnante. Les deux femmes semblent avoir chacune des zones d’ombre et des caractères affirmés. Elles ne nous sont pas nécessairement sympathiques et peut-être une moins que l’autre encore, ce qui est rafraîchissant également d’être en présence de personnages qui peuvent aller jusqu’à agacer leur lecteur ! C’est toujours un choix audacieux de mettre en place des caractères ni admirables ni détestables. L’ensemble est bien agencé. L’alternance narrative donne le piquant au roman bien qu’on en sache davantage sur Theodora que sur Mona. L’écriture nous plonge dans une ambiance froide, pluvieuse contrastant encore davantage avec le réconfort d’une maison propre et accueillante. Et tout du long cette interrogation récurrente : qui manipule qui ? Laquelle tire les ficelles ?
Difficile de ne pas se précipiter jusqu’à la dernière page pour connaître le fin mot de l’histoire !

Place à l’extrait :

« Elle enlève son manteau.
Maintenant qu’elle a ôté sa capuche, je constate que ses cheveux bruns sont raides, gras et sans vigueur. Elle a un petit coussin de graisse sous le menton. Son corps, bien qu’emmitouflé sous plusieurs couches de vêtements, est rond. Elle n’a sûrement pas accès aux salles de sport, ne doit pas savoir ce qu’est une alimentation saine, et elle n’est probablement jamais allée chez le dentiste – c’est cher, dans son monde à elle. Je vais l’aider. Je vais améliorer sa vie. Un échange de bons et loyaux services. Après tout, elle est ici pour améliorer la mienne.
_ Demain, je vous ferai visiter et je vous présenterai à papa. Vous devez être fatiguée. Voulez-vous manger ou boire quelque chose ?
Elle me regarde fixement.
_ Manger, je répète d’une voix forte, en mimant. Boire ?
_ Ah, non merci.
Elle me fait presque la révérence. J’agite une main dans le vide pour lui signifier qu’une telle obséquiosité n’est pas nécessaire et la laisse après avoir refermé la porte derrière moi. »

 

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