Vivre vite, Philippe Besson

vivre viteVivre vite, Philippe Besson paru le 2 Janvier 2015 chez Julliard, 238 pages.

Philippe Besson est un auteur bien installé dans le paysage littéraire français. Son précédent roman tout à fait différent de celui-ci : La maison atlantique m’avait également beaucoup plu (cf : mon article). Vous pouvez désormais l’acquérir en poche.

Vivre vite s’attaque à la figure, ô combien mythique, de cette étoile vite embrasée du septième art : James Dean. Icône de toute une génération, symbole d’une jeunesse éternelle. Figure stellaire souvent placardée dans les chambres d’adolescentes. .
Il est bien écrit « roman » sur la couverture. Et en effet, malgré des éléments autobiographiques indéniables et le parcours de vie et d’artiste que Besson retrace scrupuleusement, le reste appartient au roman. Philippe Besson a adapté la forme romanesque au sujet, c’est-à-dire, que pour ce projet littéraire, il convoque toute une galerie de personnages qui ont gravité de bien des manières autour de James Dean. Et c’est sa faculté à se glisser dans la peau de chaque personnage, de lui prêter une façon de parler, des émois, un chemin de vie et un avis sur James qui rend ce roman aussi palpitant et vivant.
Tous les personnages prennent vie sous sa plume et nous plongent dans une période datée, un décor, un pays.

C’est la mère qui ouvre le roman, elle qui est décédée prématurément d’une maladie grave et à qui Besson confie une grande humanité : comme si elle veillait sur son fils bien-aimé d’outre-tombe. Elle se remémore la jeunesse de son fils. S’il n’y avait pas eu les encouragements maternels pour tout ce qui touchait l’art, notamment le théâtre, alors peut-être la trajectoire de James Dean n’aurait pas été celle qu’on lui connait : aussi étincelante qu’éphémère.

Le romancier met également en lumière les zones d’ombre de l’acteur vedette : capricieux, colérique, susceptible, cultivant les addictions, il n’en était pas moins capable du meilleur pour chaque prise. Et l’on sent là toute l’admiration de l’auteur pour cette figure légendaire qui prend sa pleine dimension grâce au relais des différentes voix se succédant.

Une très belle réussite littéraire qui a valu à l’auteur de figurer parmi les cinq finalistes du prix roman Landerneau.

Place à l’extrait qui donne la parole à sa tante qui a élevé James Dean après le décès de sa mère :

« Et puis, un jour, Jimmy est parti.
Nous redoutions cette échéance. Nous savions au fond de nous que cela finirait par arriver, que c’était inévitable. Nous avons bien essayé de nous y préparer. Pourtant, le moment venu, cela a été un déchirement.
Il était avec nous depuis près de dix ans. Nous l’avions aidé à grandir. Avec nous, il avait traversé les années. Appris les saisons, apprivoisé la terre, croisé des êtres qui l’ont profondément marqué, découvert des passions, connu des amourettes, pris des risques, ri et pleuré. Il était un enfant, il était devenu un jeune homme. Nous étions fiers de lui.
Une fête a été organisée pour son départ. Il s’agissait d’une soirée d’adieu mais personne ne voulait prononcer ce mot-là. Chacun de nous sentait qu’il partait pour longtemps, que peut-être il ne reviendrait pas, ou que s’il revenait, il ne serait plus le même. Nous étions tous animés par la même prémonition, la conviction intime que son existence prenait un nouveau départ, la certitude que nous ne faisions pas partie de ce qui commençait pour lui, le regret de songer que nous appartenions déjà à son passé. C’était évident : de grandes choses l’attendaient, des bouleversements, et nous ne serions plus là pour partager ses emportements et lui éviter les embûches. Mais nous étions heureux pour lui : il méritait les belles choses qu’on lui promettait. »

 

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