Parfaite, Caroline Kepnes

parfaiteParfaite, Caroline Kepnes paru le 9 Avril 2015 chez Kero, traduit de l’américain par Camille de Peretti, 476 pages.

Caroline Kepnes est journaliste et scénariste. Parfaite est son premier roman.

Mon résumé :

Joe est libraire. Il a de solides références culturelles bien qu’il n’ait pas fait de longues études. Ce n’est pas le cas de la plupart de ses clients qui se précipitent comme un seul homme sur le best-seller du moment. Alors quand, un jour, une jeune et attirante étudiante passe la porte avec une demande plus pointue et originale, Joe devient obsédé par Beck, cette jeune femme atypique. Et il décide d’épier ses habitudes car il sait qu’elle lui est destinée.
Il s’immisce alors progressivement dans sa vie : pénètre dans son appartement, sauve la demoiselle en détresse, subtilise son téléphone pour mieux l’espionner. Beck, à ce moment-là, entretient une relation quelque peu décousue avec un homme.
Cela n’est pas au goût de Joe qui a la merveilleuse idée d’enfermer cet homme dans une cage sous la librairie où reposent dans une pièce secrète les livres rares et précieux. Il veut faire sienne Beck peu importe l’indécision ou la distance de la jeune femme qui le fait attendre. Joe est un chasseur patient.

Mon avis :

Le lecteur partage les pensées d’un psychopathe (merci pour cette belle image du libraire timbré !) dont la cruauté s’exerce au moment où ses plans sont contrariés. Par ailleurs, sa méchanceté n’est pas gratuite, il ne prend pas plaisir à cela mais l’obsession qu’il nourrit ne souffre aucun changement de plan. C’est également un personnage cultivé, affable, qui cache à merveille sa seconde nature.
J’aurais aimé, en tant que lectrice, partager l’angoisse de ce héros ou ressentir la montée de la tension. On ne le sent à aucun moment basculer complètement dans une forme de frayeur bien qu’il nous soit montré à plusieurs reprises vulnérable. Et la présence de cette fameuse cage aurait gagné à être exploitée pour créer une ambiance pesante.
Le roman se lit bien, il dénote par l’emploi continu de la deuxième personne du singulier (le titre est anglais est d’ailleurs You) car Joe s’adresse mentalement en permanence à l’élue de son cœur.
L’auteure emploie un langage jeune, courant mais non dénué de mots savants et de moult références pointues. L’écriture est ponctuée de SMS, mails et smileys. Elle fait la part belle à quelques scènes crues tout de même vite expédiées.
Au final, on est accroché au fil du récit avec l’envie de le voir évoluer pour le meilleur ou pour le pire. Même si le rythme faiblit par instants, le suspense psychologique tient la route.

Place à l’extrait :

« Avant toi, il y a eu Candace. Elle aussi était têtue, alors, de la même façon que j’ai été patient avec elle, je serai patient avec toi. Je ne vais pas t’en vouloir parce que dans ce vieil ordi pourri tu écris à propos de tout et n’importe qui sauf moi. Je ne suis pas idiot, Beck. Je sais chercher dans un disque dur, je n’y suis pas. Et tu n’as ni carnet secret ni journal intime.
Une théorie est possible : tu écris à propos de moi dans le bloc-notes de ton téléphone. Je garde espoir.
Mais je ne vais pas m’éloigner de toi. Évidemment, tu es très branchée cul. J’en ai la preuve : tu dévores les petites annonces du cœur de Craiglist. Tu copies-colles tes annonces préférées dans un document roboratif dédié à cela. Pourquoi, Beck, pourquoi ? Heureusement, tu n’y prends pas part, tu ne réponds pas aux petites annonces. Je suppose que les filles ont des âmes de collectionneuses, elles empilent des recettes de soupes de kale comme les fantasmes de pauvres mecs célibataires désespérés qui font des fautes de grammaire. Oui, je suis toujours là. Je t’accepte comme tu es. Et, effectivement, tu laisses ce type blond te faire des trucs comme dans les petites annonces de Craiglist. Mais tu respectes certaines limites. Ce pervers n’est pas ton petit ami. Après, tu l’as renvoyé, dans la rue, là où est sa place, comme s’il te dégoûtait, ce qui devrait être le cas. J’ai lu tous tes derniers mails et c’est officiel, personne ne sait qu’il est venu chez toi et en toi. Il n’est pas ton petit copain. C’est tout ce qui compte et je suis prêt à te trouver. J’en suis capable. Je le dois à Candace. Cette chère Candace. »

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