La servante du seigneur, Jean-Louis Fournier

La servante du seigneur, Jean-Louis Fournier, Stock, Août 2013, 149 pages

La servante du seigneur, Jean-Louis Fournier

Résumé :

Jean-Louis Fournier avait parlé de ses fils dans Où on va, papa ?, de la perte de celle qu’il aimait dans Veuf et dans ce dernier roman très intime, il évoque sa fille, son chef-d’oeuvre comme il la nomme après ses deux premiers brouillons…

Sa fille qu’il admirait tant, volontaire, adepte de l’humour noir comme lui, créatrice, déterminée, belle, radieuse… Mais cette image idyllique semble avoir bel et bien disparu depuis que sa fille a renoncé à toutes ses ambitions et son caractère en se vouant à la religion et en tombant amoureuse de Monseigneur. Une religion qui semble l’avoir avalée en entier et avoir également dévoré son authenticité, son esprit vif et sa gentillesse. Sa fille qui voudrait se faire sainte tandis que son père s’interroge sur cette idée parce qu’après tout, ne devient-on pas un saint seulement après la mort ?

C’est la confession d’un père qui se sent triste de cet abandon filial. Un aveu d’amour et de manque teinté d’une amertume de ce qu’elle est en train de devenir. Il espère encore qu’il n’est pas trop tard pour eux deux. Le poids de l’âge lui donne à penser, non sans mélancolie et regrets, qu’il leur faudrait à tous deux se dépêcher de se retrouver. Bien qu’il semble essayer de plaisanter sur le sujet, la douleur est bel et bien là.

Il fait un pas vers celle qu’il a tant aimée et qui semble le rejeter et l’accuser d’égoïsme et d’avarice. Peut-elle entendre cet appel, saura-t-elle lui tendre à son tour la main ?

Une lecture tantôt drôle, tantôt émouvante, toujours juste et touchante.

Un très court roman autobiographique pour tout public qui se lit d’une seule traite, facile à proposer aux petits lecteurs également et aux adeptes de Jean-Louis Fournier.

 

Un extrait :

« En me relisant, je m’aperçois que plusieurs fois j’ai utilisé le mot « heureuse », tu avais eu une jeunesse »heureuse »… Qu’est-ce que j’en sais ?
Être heureux ne devrait être conjugué qu’à la première personne du singulier et par le principal intéressé. Il n’y a que lui qui sait s’il est heureux ou pas.
Conclure que quelqu’un est heureux est toujours très risqué. On peut avoir tout pour être heureux sauf le bonheur.
Les symptômes comme le rire, l’humour, la bonne humeur, ne sont pas suffisants pour diagnostiquer le bonheur. Le bonheur est bien plus compliqué. C’est une harmonie aussi difficile à obtenir que le
pianissimo de centaines d’instruments différents dans un orchestre symphonique.
Je connais des gens heureux qui ont l’air triste et des gens malheureux qui plaisantent toujours.
S’ils plaisantent, c’est peut-être pour être moins malheureux.
L’humour est un antalgique, on l’utilise quand on a mal.

J’ai corrigé mon texte, j’ai ajouté « semblait » devant « être heureuse ».
J’espère que tu me rendras la pareille.
Ne va pas imaginer, si je plaisante parfois dans ces pages, que je sois follement heureux. »

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