La fille du train, Paula Hawkins

La fille du train, Paula Hawkins paru le 7 Mai 2015 chez fille du trainSonatine, traduit de l’anglais par Corinne Daniellot, 379 pages.

C’est le roman phénomène du moment. Un premier roman d’une auteure anglaise saluée par la critique, n°1 des ventes et dont les droits d’adaptation au cinéma ont d’ores et déjà été achetés par Steven Spielberg. Une aventure hors du commun pour cette jeune romancière.

L’histoire :

C’est principalement par l’intermédiaire de Rachel, mais pas uniquement, que l’on suit les événements. Rachel est une jeune femme plutôt pathétique qui autrefois avait une vie heureuse avec Tom. Aujourd’hui, elle est devenue alcoolique, elle occupe une petite chambre chez une copine d’université qui l’héberge car elle a bon cœur. Elle a perdu son emploi mais continue de donner le change en prenant le train jusqu’à Londres chaque matin et chaque soir. Sa principale occupation est d’observer _ à quelques maisons de là où elle vivait autrefois avec Tom, là où son ex-mari vit toujours avec sa nouvelle femme et leur bébé _un jeune couple auquel elle prête une vie idéale. Elle leur a inventé des prénoms, des métiers, une histoire… Mais cette vision fantasmée d’un bonheur conjugal, qui la fait rêver et espérer, vole en éclats le jour où elle aperçoit la jeune femme embrasser dans le jardin un autre homme que son mari. Quelques jours plus tard, cette même jeune femme est portée disparue.
Rachel ne peut s’empêcher de s’en mêler et va passer de l’autre côté du décor ignorant à quel point sa vie va s’en trouver bouleversée…

Mon avis :

La façon de narrer l’histoire, l’agencement des récits, les quelques flash-backs sont tellement bien pensés que, dès les premières pages, la magie opère et on se retrouve mordu. On veut connaître la suite. C’est extrêmement intelligent, précis et machiavélique. Il n’y a que peu de protagonistes mais ils ont tous une densité, une profondeur indéniables. Et le lecteur de retourner le problème dans tous les sens…
La thématique de l’alcoolisme est abordée avec réalisme et participe entièrement au processus de confusion de ce thriller psychologique. Car si nous nous attachons à Rachel, au moins un tant soit peu, comment parvenir à lui faire vraiment confiance elle qui doute sans cesse de ses propres souvenirs et atteinte de ces terribles trous noirs ?
Il y a du Gillian Flynn, du Barbara Abel chez Paula Hawkins.
Une maîtrise incroyable pour un scénario d’une simplicité relative mais d’une efficacité redoutable !

Un extrait où le lecteur partage les pensées confuses de Rachel :

« Je suis épuisée, la tête encore assoupie, engourdie. Quand je bois, je ne dors presque pas, je finis par m’effondrer une heure ou deux avant de me réveiller, malade de peur, et dégoûtée de moi-même. Et si je passe un jour sans boire, la nuit qui suit, je m’endors profondément, comme si je perdais complètement connaissance. Le lendemain, je n’arrive pas à bien sortir du sommeil, il m’accompagne durant des heures, parfois toute la journée.
Il n’y a qu’une poignée de gens dans la voiture D ce matin, et les sièges près de moi sont vides. Personne ne m’observe, alors j’appuie la tête contre la vitre et je ferme les yeux.
Le crissement des freins me réveille. On est arrêtés au feu. A cette heure-là le matin, à cette époque de l’année, les maisons au bord des rails sont envahies de lumière. Je peux presque sentir la chaleur de ce soleil matinal sur mon visage et sur mes bras, assise à la table du petit déjeuner, Tom en face de moi, mes pieds nus posés sur les siens, plus chauds, et les yeux baissés sur le journal. Je le sens me sourire et une rougeur s’étend de ma poitrine à mon cou, comme toujours quand il me regardait ainsi.
Je cligne soudain des yeux et Tom a disparu. Nous sommes toujours arrêtés. Je vois Jess dans son jardin et, derrière elle, un homme sort de la maison. Il a quelque chose dans les mains – une tasse de café, peut-être- et, au bout d’un moment, je me rends compte que ce n’est pas Jason. Cet homme est plus grand, plus mince, plus foncé aussi. C’est un ami de la famille ; c’est son frère à elle ou celui de Jason. Il se penche pour poser les tasses sur la table en métal de la terrasse. C’est un cousin australien qui passe deux semaines chez eux ; c’est un vieil ami de Jason, témoin à leur mariage. Jess se dirige vers lui, l’enlace par la taille et l’embrasse langoureusement. Le train repart. »

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