Harry Potter et l’enfant maudit, John Tiffany, Jack Thorne, J.K. Rowling

harrypotteretlenfantmaudit-couv-e1465474052777Harry Potter et l’enfant maudit, John Tiffany, Jack Thorne, J.K. Rowling paru en France le 14 Octobre 2016 chez Gallimard, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 341 pages.

Nul besoin de présenter J.K Rowling la célébrissime auteure de la saga culte Harry Potter traduite en 79 langues et adaptée au cinéma. Véritable phénomène de librairie, il y a réellement un avant et un après Harry Potter. J.K. Rowling, après avoir écrit les sept tomes de sa série, s’est lancée dans d’autres genres notamment le policier sous un autre nom : Robert Galbraith.
Ce huitième tome est la pièce de théâtre qui a été jouée en Angleterre avec les enfants des personnages principaux.

Mon résumé de ce huitième tome : Harry Potter et l’enfant maudit :

Harry Potter, toujours aussi célèbre et grâce à qui en partie le monde de la magie règne en paix, est aujourd’hui âgé de trente-sept ans, marié à Ginny. Ils ont trois enfants. Harry travaille, tout comme sa fidèle amie Hermione, au ministère de la magie. Cette dernière est mariée à Ron qui tient une boutique de farces et attrapes et ils ont eu deux enfants. Quant à Drago Malefoy, lui aussi s’est marié. Avec  Astoria , ils ont un fils, Scorpius.
Contre toute attente, le second fils d’Harry et Ginny, Albus devient ami avec Scorpius. Tous les deux ont en commun de porter le poids bien lourd d’un patronyme de renom : leurs pères sont célèbres et pour des jeunes garçons puis des adolescents, cette gloire par ricochet et les rumeurs qui circulent sont des fardeaux qui  rapprochent.
Contrairement à son père, Albus n’aime pas Poudlard, il n’est pas un bon sorcier. Quant à Harry, il voit d’un mauvais œil l’influence que pourrait avoir le fils de Drago sur le sien et désapprouve cette amitié. Voulant protéger son fils, il peut se montrer très maladroit et offensant ce qui risque fort d’avoir des conséquences inattendues.
Lorsque Albus surprend une conversation au milieu de a nuit entre son père et Amos Diggory, le père de Cedric, un des combattants du tournoi des Trois Sorciers tué par Voldemort, son sang ne fait qu’un tour. Amos est venu en pleine nuit chez les Potter pour demander réparation, il exige qu’on lui rende son fils. A-t-il perdu l’esprit ? Peut-être pas car il y aurait, dit-on, un Retourneur de Temps caché quelque part au ministère ce qui permettrait de revenir en arrière pour sauver Cedric. Harry refuse net, ce projet est fou et extrêmement dangereux. Les conséquences pourraient être dramatiques. Mais pour le jeune Albus, déterminé, la mort de Cedric est ignoble et justifie toute mesure, même extrême. Peu à peu, se forme dans son esprit rebelle, un projet des plus risqués qu’il va bien évidemment soumettre à son compère Scorpius. Dans leur folie, ils seront aidés de la nièce d’Amos Diggory, l’envoûtante Delphi prête à tout pour aider son oncle à retrouver son fils.

Ce que j’ai pensé de cet opus quelque peu peu à part :

Quelle joie de retrouver les personnages qui avaient bercé notre enfance/jeunesse/vie d’adulte ! On ne peut résister à cette tentation malgré la peur d’être déçu car premièrement ce n’est pas J.K. Rowling qui l’a écrite et deuxièmement, c’est une pièce de théâtre et non un roman. Et après tout, il y avait une vraie fin à la série avec le dernier tome : Harry Potter et les reliques de la mort  malgré une légère ouverture pour une suite éventuelle grâce à l’épilogue. Mais pour autant, les deux auteurs évidemment passionnés et connaisseurs de l’univers si particulier de J.K. Rowling n’ont pas trahi l’esprit de la série sans quoi, l’on peut imaginer que que la romancière aurait émis un veto.
Les pièces de théâtre sont davantage faites pour être vues que lues mais Harry Potter et l’enfant maudit (qui devait être extraordinaire en pièce de théâtre ! ) se lit comme un roman qui serait constitué de brefs passages descriptifs (les didascalies de début de scène notamment) et principalement de dialogues entre les personnages. Les auteurs opèrent un savant dosage entre l’acquis et la nouveauté. Grâce à la thématique des voyages dans le temps, l’on retrouve moult figures du passé et parmi les personnages principaux, il y a ceux que l’on connaissait déjà ainsi que leurs enfants. La magie est bien présente et la baguette touchera beaucoup de lecteurs. Malgré tout, cette suite a quelque chose de frustrant également. La force des romans, c’était aussi de nous décrire un monde magique parallèle avec des lieux clé comme l’école de Poudlard, Pré-au-lard, les terrains de Quidditch où ont lieu de nombreux matchs et ici, ils ne sont qu’évoqués. Je trouve par ailleurs qu’il est assez facile d’anticiper le nœud de l’intrigue. Enfin, il n’a sans doute pas la même richesse de vocabulaire et d’imagination que ceux de J.K. Rowling. Ils sont fidèles à son esprit sans grande innovation . Et l’on peut regretter qu’il n’y ait qu’un des enfants d’Harry qui soit véritablement représenté.
En fin de compte, on le lira par curiosité et parce qu’on se sent comme Harry, orphelin, depuis la parution du septième tome. Et cette pièce nous fait renouer délicieusement avec ce bonheur sans pareil de lecture. Alors, même si ce n’est pas J.K. Rowling et qu’il s’agit d’une pièce, on se glisse dans ce huitième tome comme l’on s’enveloppe d’une couverture moelleuse et chaude, avec un plaisir véritable…

Place à l’extrait !

« MADAME BIBINE
Eh bien, qu’est-ce que vous attendez ? Allons, allons, tout le monde devant son balai. Vite, dépêchez-vous !

Chacun des élèves se précipite pour prendre place à côté d’un balai.

MADAME BIBINE
Tendez les mains au-dessus du manche et dites  : « Debout ! »

TOUS EN CHOEUR
DEBOUT !

Les balais de ROSE et de YANN s’élèvent et viennent se placer entre leurs mains.

ROSE ET YANN
Ouais !

MADAME BIBINE
Allons, allons, je n’ai pas de temps à perdre avec les fainéants. Il faut dire : « DEBOUT ! » Et quand vous le dites, il faut y croire !

TOUS EN CHOEUR (à part ROSE, YANN et ALBUS)
OUAIS !

ALBUS
Debout. DEBOUT. DEBOUT !

Son balai ne bouge pas. Même pas d’un millimètre. Il le regarde d’un air incrédule, désespéré. On entend les ricanements parmi ses camarades de classe.

POLLY CHAPMAN
Par la barbe de Merlin ! Quelle humiliation ! Il ne ressemble vraiment pas à son père.

KARL JENKINS
Albus Potter, le Cracmol de Serpentard.

MADAME BIBINE
Bon, les enfants, il est temps de prendre son vol.

Et soudain, HARRY surgit de nulle part à côté d’ALBUS sur la scène envahie d’une épaisse vapeur. Nous sommes de retour sur la voie 9 3/4 et le temps a passé impitoyablement. ALBUS a maintenant un an de plus (tout comme HARRY, mais on le remarque moins chez lui).

ALBUS
Papa, je te demande simplement de… si tu pouvais t’écarter un peu.

HARRY (amusé)
Quand on entre en deuxième année, on n’aima pas trop être vu avec son père, c’est ça ?

UN SORCIER UN PEU TROP ATTENTIF se met à tourner autour d’eux.

ALBUS
Mais non, seulement… toi, c’est toi et moi, c’est moi et…

HARY
Il y a simplement des gens qui nous regardent. On ne peut pas les en empêcher. Et c’est moi qu’ils regardent, pas toi.

Le SORCIER UN PEU TROP ATTENTIF tend quelque chose à HARRY pour qu’il le signe. HARRY s’exécute de bonne grâce.

ALBUS
Ils regardent Harry Potter et son fils décevant.

HARRY
Qu’est-ce que ça signifie ?

JAMES passe en trombe devant eux, sa valise à la main.

JAMES
Serpentard, serpentard, cesse de broyer du noir, il est temps de monter dans le train.

HARRY
Pas très malin, James.

JAMES (déjà ailleurs depuis longtemps)
On se revoit à Noël, papa.

HARRY regarde ALBUS d’un air inquiet.

HARRY
Al…

ALBUS
Je m’appelle Albus, pas Al. »

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