Comment braquer une banque sans perdre son dentier, Catharina Ingelman-Sundberg

Comment braquer une banque sans perdre son dentier, Catharina Ingelman-SundbergComment braquer une banque sans perdre son dentier, Catharina Ingelman-Sundberg, Fleuve noir, à paraître le 13 Mars 2014, traduit du suédois par Hélène Hervieu, 426 pages

Vous ne savez pas quel cadeau apporter à votre meilleur ami qui va se faire opérer ? Vous voulez dérider votre belle-mère éternellement chafouine ? Vous partez en vacances et vous avez envie d’un livre divertissant et drôle ? Alors arrêtez-vous un instant sur ce roman réjouissant…

Le résumé de l’incipit :

Cinq amis de longue date : Märtha, Anna-Greta, Stina, le Génie et le Râteau, en retraite depuis plusieurs années croupissent au Diamant, une maison de retraite qui n’a d’étincelant que le nom, de plus en plus insipide et pleine d’interdits. Ils peuvent à peine sortir, seulement une fois par semaine, Barbro, la maîtresse du directeur de cette maison de retraite, mène ses pensionnaires d’une main de fer. Elle applique les consignes du directeur à la lettre et sans compassion pour les personnes âgées. Elles vont se voir supprimer un repas chaud ainsi que la brioche au moment du goûter ; la salle de fitness n’est réservée qu’au personnel. Qu’à cela ne tienne !

Märtha, la meneuse de cette joyeuse bande, voit d’un très mauvais oeil ces injustes privations. Tout part de ce simple constat : finalement, même les prisonniers sont nécessairement mieux traités : meilleure nourriture, sorties quotidiennes… Ce n’est pas acceptable  ! Märtha, qui a plus d’une ruse dans son sac, conçoit une idée et élabore un plan : faire un casse tous les cinq pour écoper d’une peine de prison et échapper à cette demeure sordide ! Ne reste plus qu’à convaincre les plus récalcitrants du groupe et à échafauder un plan pour ces  malfaiteurs débutants (apparemment il n’y a pas d’âge pour se lancer dans une carrière de délinquant !) qui souhaitent agir en voleurs doués de morale. Car les bénéfices de leur délit serviront aux défavorisés. C’est une bonne leçon donnée à cette société qui laisse croupir ses petits vieux…

Quand la machination se met en marche, difficile d’enrayer le processus, nos joyeux lurons aux rhumatismes et personnalités singulières vont connaître quelques bonnes parties de rigolade, des petits frissons et grandes frayeurs et des complications inattendues qui les amèneront à élaborer plan sur plan…
On aurait presque envie de se glisser dans le caddie d’un des sympathiques drilles rien que pour visiter la suite somptueuse du Grand Hôtel…

Mon avis :

Allez, prenez donc un billet pour Comment braquer une banque sans perdre son dentier, il y a tant à apprendre de nos aînés qui ne sont pas nécessairement les plus sages mais sous la plume de Catharina Ingelman-Sundberg les plus créatifs et les plus drôles sans conteste.
Avec ce roman, vous passerez certainement un bon moment de divertissement. Sans être hilarante, l’histoire propose quelques passages loufoques et décalés et des personnages hauts en couleurs qui vous feront, sinon éclater de rire, ou moins sourire. On ne demande pas plus à ce genre d’histoires et pourtant, derrière la comédie, on discerne en filigrane un fait de société très problématique : la place que l’on réserve aux anciens qui n’est guère reluisante… D’ailleurs, nos cinq compagnons de papier ont de brillantes idées sur la façon de changer les choses avec une bonne dose de culot, d’humanisme et un brin  d’utopie encore. C’est qu’on aurait presque envie de vieillir… en tout cas comme eux parce que, ce qui est certain, c’est que leurs aventures sont tout sauf banales !
Si vous avez aimé Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson, vous retrouverez quelque peu le même esprit dans ce roman qui surfe sur la vague du succès de Jonasson.

Un extrait qui nous met en présence du premier méfait de la bande des retraités ou comment ils introduisent des herbes illicites dans le hammam du Grand Hôtel :

   « L’intérieur du hammam était saturé d’humidité et on entendait le murmure irrégulier provoqué par les émissions de vapeur. Les herbes commencèrent à embaumer. Märtha se sentait somnolente et avait du mal à réfléchir normalement. Elle louchait vers la porte. Au même instant fusa le premier gloussement. L’homme en face d’elle allongea ses jambes pour les poser sur la pierre devant lui, glissa, puis loupa la pierre de nouveau et rit. Les autres à côté de lui éclatèrent alors de rire et l’ambiance monta d’un cran. Une odeur sucrée un peu bizarre régnait à l’intérieur. Märtha se dit qu’elle n’avait pas dû mettre assez de branches de bouleau. Elle se retourna pour aller en chercher, mais perdit aussitôt le fil de ses pensées. Il y avait quelque chose qu’elle devait faire, mais quoi? Elle aurait dû le noter sur un bout de papier, mais si elle commençait à chercher dans des pense-bêtes à l’intérieur d’un hammam, cela éveillerait les soupçons, non?
Soudain le hennissement d’Anna-Greta retentit, suivi d’un fou rire hystérique. Stina s’y joignit avec un gloussement incontrôlé et même Märtha dut se retenir pour ne pas rire. A ce moment-là, la lumière clignota, s’éteignit et vacilla de nouveau. Il n’y avait là rien de très amusant, mais tout le monde ricanait bêtement. Alors, Märtha entendit clairement son propre fou rire et elle se rendit compte qu’elle devait sortir. N’y avait-il pas quelque chose qu’elle devait faire ? C’était quoi, déjà  ?
Il s’étaient pourtant tous mis d’accord, mais elle n’arrivait plus du tout à se rappeler ce que c’était… Quand l’homme en face porta la main devant sa bouche pour réprimer un bâillement, cela lui revint enfin. Anna-Greta et Stina étaient censés s’évanouir et, elle-même devait courir chercher la dame à l’accueil. Elle donna un coup dans les côtes de son amie et chuchota :
_ Maintenant, à vous de jouer. Couchez-vous sur la banquette !
_ Peut-être pas ici, gazouilla Anna-Greta
en faisant un clin d’oeil à l’homme en face avant de faire glisser la bretelle de son maillot de bain avec un hennissement de tous les diables.
_ Couchez-vous, évanouissez-vous, vite ! intima Märtha aussi discrètement que possible.
_ Non, pas celui-là ! Il est bien trop vieux, se dit Anna-Greta qui s’était ravisée et avait remonté sa bretelle.
   Elle riait si fort que personne n’aurait pu s’évanouir dans ce vacarme. »

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Commentaires
  1. vier

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