Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

111449534Songe à la douceur, Clémentine Beauvais paru le 24 Août 2016, 239 pages.

Clémentine Beauvais, jeune romancière, s’est précédemment illustrée avec le roman très remarqué : Les petites reines, une histoire originale.

Mon résumé du dernier Clémentine Beauvais :

Songe à la douceur est un roman jeunesse mais qui peut tout à fait s’adresser aux adultes (en tous les cas aux grands adolescents), librement inspiré du roman d’Alexandre Pouchkine : Eugène Onéguine. Beauvais a transposé l’histoire en France et de nos jours et sa grande originalité c’est son écriture en vers durant tout le roman !
C’est l’histoire de deux sœurs, Tatiana et Olga qui un été où elles sont ados vont rencontrer deux amis. Olga est amoureuse de Lensky qui vient la voir pratiquement tous les jours avec son copain Eugène. Tatiana quinze ans n’est pas insensible au charme décalé d’Eugène à qui elle écrit une sorte de lettre d’amour qui n’en est pas vraiment une. Mais Eugène la trouve jeune et cultive son attitude de garçon revenu de tout. Un soir de fête, Eugène embrasse Olga. La soirée marquera un tournant décisif et irrémédiable dans la vie des quatre protagonistes.
Par hasard, Eugène et Tatiana se recroisent dans le métro dix ans plus tard avec autant d’interrogations non résolues que d’attirance réciproque.

Mon avis sur Songe à la douceur :

Ce très beau titre (une référence à Baudelaire, et les références culturelles sont nombreuses) augure d‘une lecture riche et inédite. Le fond, l’auteure le puise chez Pouchkine mais très bien adapté, très personnalisé, quant à la forme, elle offre un moment de pur régal à son lecteur. C’est extrêmement  travaillé et cependant facile d’accès. Les trouvailles sont multiples et réjouissantes. Même visuellement, Clémentine Beauvais s’est amusée à surprendre son lecteur, à l’amuser. C’est un roman à la fois drôle, terriblement sensible, juste dans ses émotions, qui parle d’amour du point de vue masculin et féminin sans jamais verser das le ridicule ou le mièvre. Je cherche s’il a des faiblesses mais je n’en ai pas trouvées. Songe à la douceur est un livre audacieux à mettre entre toutes les mains !
Indéniablement, Clémentine Beauvais est une auteure très prometteuse, à suivre de près donc.

Un petit extrait vous sied-il ?

« Eugène n’est pas malheureux de passer ses après-midis
avec Tatiana
Non,          il est loin d’être malheureux.

Tatiana, cependant, a l’impression de subir un
entraînement sportif de haut niveau,
tant ces visites brèves, et les rêves
qui l’épuisent avant et après,
sollicitent ses muscles cardiaques et ventraux.
Son programme de palpitations est olympique :
Toute la matinée, elle pense à Eugène.
Là, c’est plutôt par petits morceaux ;
elle se rappelle poignet, cheville, ongles. Puzzle d’Eugène.
Chaque pièce suscite un petit pinçon de ventricule, comme
entre un pouce et un index minuscules.
Tout le début de l’après-midi, elle pense à Eugène
C’est à ce moment qu’il se pourrait
qu’il arrive ; son battement de cœur est à fendre la terre.
S’il était machine agricole, elle serait reine du labour.
S’il était foreuse sous-marine, elle serait nabab du pétrole.
                   Ensuite il arrive.
Là elle est obligée de penser à lui tout en l’ayant en face d’elle,
ce qui exaspère ses sens, cette superposition d’Eugènes,
                                                et Tatiana n’est plus que tension
infernale, et frénésie qu’il reparte, et désir dévorant qu’il reste. »

 

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