L’innocence des bourreaux, Barbara Abel

innocence bourreauxL’innocence des bourreaux, Barbara Abel paru le 15 Mai 2015 chez Belfond, 314 pages.

Barbara Abel a déjà écrit plusieurs romans policiers dont un savoureux diptyque que je vous recommande chaudement : Derrière la haine et Après la fin, d’une maîtrise narrative impeccable, tous deux disponibles en poche.

L’innocence des bourreaux, une fois encore est écrit à l’encre noire. On a l’illusion qu’il contient une certaine forme de légèreté or plus l’on avance, plus la situation s’aggrave.
Dans une supérette de quartier, quelques personnes font leurs courses lorsqu’un jeune junkie, à court d’argent, entre et braque le magasin. Sauf que la situation n’évolue pas de manière « classique » et que les forces en jeu dans le braquage sont sur le point de s’inverser.
Chaque chapitre, plutôt court et dynamique, suit l’un des personnages clés du roman.
Nous faisons connaissance avec eux juste avant le braquage ce qui ne fait que décupler la tension.
On y voit une jeune mère qui a laissé son enfant de trois ans seul le temps de faire une rapide course, il y a une  mère avec son ado qui viennent de se disputer, deux collègues qui, ayant franchi la ligne rouge ensemble pour la première fois, réalisent leur erreur et regrettent amèrement de se trouver là, surtout pour l’homme qui est marié.
Chaque personne avec sa trajectoire, son histoire, ses angoisses et sa détermination à sortir de là vivant.
Peu à peu, l’étau se resserre et Barbara Abel nous entraîne dans ce huis clos infernal. Avec un style qui joue sur l’énumération, l’hyperbole, sa stylistique est souvent ternaire, elle souligne bien des fois son propos de trois manières en utilisant synonymes, périphrases, hyperboles ce qui a malheureusement tendance à alourdir le propos parfois.
On passe un bon moment auprès des personnages pour lesquels on éprouve des sentiments versatiles !

Un très court extrait représentatif de son écriture :

« Les heures suivantes, il les passe à errer dans les rues, va d’un fournisseur à l’autre, plaide sa cause, supplie, se répand. Promène sa carcasse affamée de drogue, de nourriture et d’amour, les yeux luisants, cernés de mort, creusés dans la fosse de son besoin. […] Propose ses services, son corps, sa bouche. Jette son intégrité aux ordures, sa dignité aux chiottes. Son âme au caniveau. »

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