L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May

L'île des chasseurs d'oiseaux, Peter MayL’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May, 1er tome de la trilogie écossaise, paru le 2 Novembre 2011 chez Babel Noir, traduit de l’anglais par Jean-René Dastugue, 425 pages.

Peter May, d’origine écossaise, vit dans le Sud de la France. En plus de cette trilogie, il a également écrit une série chinoise et son dernier roman paru à la rentrée littéraire dernière : Scène de crime virtuelle était très différent (cf : mon article) et de très bonne qualité. Le prochain à paraître s’intitulera : L’île du serment édité chez le Rouergue le 3 Septembre 2014.

Mon résumé :

L’inspecteur Fin Macleod a récemment perdu son jeune fils et sa hiérarchie fait grandement pression pour qu’il reprenne le travail. Son épouse et lui se sont éloignés. Il renâcle à retrouver une vie normale. Sur l’île de Lewis, où Fin a passé son enfance et sa jeunesse, un meurtre a été commis ce qui est chose extraordinaire. On demande à Fin de s’y rendre à cause des similitudes avec un autre meurtre sur lequel il a enquêté à Edimbourg et qui présentait le même modus operandi.
L’inspecteur n’est pas ravi de retourner sur sa terre natale qu’il a toujours voulu fuir et où il n’est revenu qu’une seule fois de manière exceptionnelle. C’est l’occasion de retrouver ses anciens camarades et amis et d’extirper des vieux souvenirs de sa mémoire meurtrie. Comme par exemple la fameuse chasse au guga (le bébé du fou de Bassan) si spécifique à l’île et qui prend tous les airs d’un rite initiatique barbare et dangereux mais depuis toujours respecté sur cette île d’un autre temps où l’on parle encore le gaélique et où l’odeur du feu de tourbe s’élève de presque chaque maisonnée.

Mon avis :

Lire L’île des chasseurs d’oiseaux équivaut à une bien étrange croisière sur une île battue par le vent, repliée sur elle-même, et semblant vivre, par bien des aspects, au rythme d’un autre temps… C’est toute une atmosphère incomparable et proprement irrésistible que Peter May a su retranscrire au terme d’années de documentation et de vie sur l’île. Si certains termes tels que « tourbe », « guga », « vent » reviennent si (trop ?) souvent, ils permettent au lecteur de visualiser un paysage aussi sinistre que fascinant et de mieux s’immerger dans l’atmosphère de ce roman. Pour un peu, on se retrouverait à cheminer sur la lande auprès de Fin…
L’enquête en elle-même alterne entre deux tableaux : passé et présent et introduit également un changement de voix narrative intéressant. C’est finalement sur les fantômes du passé que l’inspecteur Fin doit davantage se focaliser. Il n’est pas au bout de ses peines ni le lecteur au bout de ses surprises !! Attention car ce roman peut faire naître chez un lecteur non prévenu une dangereuse _ tout autant que délicieuse _ addiction !! Et cela tombe à pic puisque le lecteur avide pourra se précipiter sur la suite : L’homme de Lewis puis Le braconnier du lac perdu.

Un petit extrait en guise d’avant-goût du bonheur de lecture qui vous attend :

   « L’air sentait le givre et la fumée de tourbe. La vieille voiture de ma tante se trouvait sur l’aire en bitume située devant la maison. Au-delà de l’ombre projetée par les ruines d’une vieille bâtisse, la plage de galets était éclairée par la lune comme si l’on était en plein jour. Je levai la tête et vis la lumière qui brillait encore à la fenêtre de ma tante, puis je me hâtai vers la remise en béton qui jouxtait le pignon situé à l’est de la maison. Je pris mon vélo, et après avoir jeté un coup d’oeil à ma montre, je partis en pédalant à toute vitesse sur la route qui menait à Crobost avec, à ma gauche, la lande qui luisait dans l’obscurité et, à ma droite, l’océan parsemé de taches de lumière. Il était juste minuit et demi.
La maison de ma tante se trouvait à environ un kilomètre et demi au sud du village, seule au bord des falaises, près du petit port de Crobost. Je couvris en quelques minutes la distance qui me séparait du village, passant devant mon ancienne maison dont les ouvertures avaient été murées. Vide et sinistre, elle commençait à se délabrer. J’essayais à chaque fois de ne pas la regarder. Elle me rappelait d’une façon presque insupportable ce que ma vie avait été, et ce qu’elle aurait pu continuer à être. »

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