L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puertolas

L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain PuertolasL’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puertolas, Le Dilettante, Août 2013, 253 pages

Couverture jaune criarde, un titre à rallonge très intriguant, une maison d’édition qui a fait connaître Olivier Adam, Anna Gavalda par exemple et voilà l’auteur novice (bien qu’ayant écrit auparavant L’oeuf d’Einstein chez publibook.com donc certainement un très petit tirage passé relativement inaperçu) Romain Puertolas propulsé dans les meilleures ventes lui et son Fakir et en lice pour le Renaudot tout de même ! Belle performance.
Analysons-donc ce phénomène littéraire d’un peu plus près !

Résumé :

C’est l’histoire d’Ajatashatru Lavash (dont les jeux de mots sur la prononciation seront très nombreux et pour le moins inventifs !) qui arrive en France pour remplir une drôle de mission insolite. Fakir dans son pays, c’est-à-dire charmeur de serpents (depuis tout bébé étant donné que le serpent était son animal de compagnie) magicien amateur de tours de passe-passe et moult trucages en tout genre, il se rapproche de l’escroc plein de filouterie habitué à duper son monde. C’est ainsi qu’après une grève de la faim factice, son village au Rajasthan s’est cotisé pour lui payer son voyage en France afin qu’il achète le modèle en promo du lit à clous chez Ikea !!! Une mission très insolite et qui sans êre à proprement parler au départ « Mission impossible » va s’en approcher de plus en plus au fil des mésaventures d’un Indien malchanceux !… Le voyage s’annonçait très bref : il devait acheter ce lit, revenir avec aussitôt et… point final. Le destin en a décidé autrement. Il faut dire que tout l’argent étant consacré au billet d’avion, Lavash arrive en France avec un costume de soie (qui est un emprunt) et en guise de monnaie : un billet de 100 euros imprimé d’un seul côté qui servira à « régler » sa course au conducteur de taxi gitan. Mais ce qu’il ignore, c’est que ce chauffeur, adepte des Gipsy Kings, sera prêt à tout, ou presque, pour se venger d’un plus traître que lui et sauver l’honneur du métier et de sa famille ! Ce qu’il ne sait pas encore en se rendant à Ikea, c’est qu’il embarque pour un long périple semé d’embûches, de rencontres (parfois) fracassantes, de découvertes, de révélations, de dangers, d’adrénaline, de… et de… tout ça aussi bien sûr ! Bref, un livre avec moult rebondissements, changements de cap et surprises. Alors accrochez vos ceintures braves lecteurs car ce Fakir d’un genre unique vous emmènera loin, très loin…

Mon avis de lectrice :

Allez-y, allez-y, allez-y ! Mais oui, ne vous privez pas. C’est drôle, réjouissant et intelligent. Chaque lecteur y trouvera son compte ! L’adepte de l’arroseur arrosé (un classique qui a fait ses preuves), le globe-trotteur amoureux des récits de voyage, le fan des histoires d’amour aussi improbables qu’imaginaires, le défenseur des immigrés qui trouvera des pages magnifiques sur ce fait de société.
Et Ajatashatru Lavash (ou « J’attache ta charrue, la vache« ) est si attachant et les aventures qu’il subit tellement loufoques qu’on ne pourra s’arrêter de lire que lorsqu’on sait, de source sûre, qu’il a pu se sortir de son pétrin sain et sauf ce qui n’est pas une mince affaire, croyez-moi ! Mais c’est encore un être qui, autrefois profiteur et vain, va en quelques jours entreprendre une véritable remise en question à laquelle nous ne saurions demeurer insensibles.
Voilà un petit bijou de rigolade !

Un extrait pour vous mettre en appétit :

  » _ Et voilà comment je me suis retrouvé dans votre malle, madame, conclut Ajatashatru dans un demi-sourire.
Disparaître dans le fond d’une valise à Barcelone pour réapparaître à Rome était de loin le meilleur tour de magie qu’il avait réalisé dans sa vie. Houdini n’aurait pas fait mieux.
La belle jeune fille aux yeux verts et aux cheveux noisette le dévisageait, partagée entre la surprise
, le scepticisme et l’envie de hurler. C’était déjà mieux que la crise d’hystérie qui l’avait assaillie lorsqu’elle l’avait découvert en ouvrant sa malle. Elle baissa la lampe de chevet qu’elle avait prise comme arme. L’histoire était tirée par les cheveux, certes, mais il y avait dans le ton de l’homme quelque chose de vrai, de sincère. Et puis comment pouvait-on inventer un mensonge aussi gros ?
– Je vais maintenant sortir de cette chambre et je ne vous embêterai plus, madame. Je disparaîtrai à tout jamais de votre vie. Mais avant, j’aimerais vous pser une question.
_ Je vous écoute, arriva-t-elle à balbutier dans un anglais impeccable.
_ Où sommes-nous ? Ca doit être la quatrième fois que je me pose cette question en deux jours. Si vous saviez ce que c’est embêtant…
_ A Rome, répondit Sophie Morceaux, à l’hôtel Parco dei Principi.
_ Ah. Vous voulez dire Rome en Italie ?
_ Oui, oui. Rome en Italie, confirma la James Bond girl de Demain ne suffit jamais. En connaissez-vous une autre ?
_ Non.
L’homme semblait si inoffensif et la situation si cocasse que l’actrice ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. Elle qui pensait d’abord avoir eu affaire à un fan déséquilibré se sentait maintenant soulagée.
Elle regarda cet Indien, grand, sec et noueux comme un arbre, le visage barré d’une grande moustache façon
Brigades du Tigre. Sa chemise blanche et froissée était recouverte d’une multitude d’inscriptions microscopiques. On aurait dit un linceul imprimé de hiéroglyphes tracés au crayon.
_ Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle en signalant sa chemise.
_ Ca ? Du crayon. Du crayon à papier Ikea. Mais plus précisément, mon dernier roman, enfin… je veux dire, mon premier roman, écrit à l’aveuglette.
_ Et vous avez l’habitude d’écrire vos livres sur vos chemises ?
_ Vous auriez préféré que je fasse ça sur les vôtres ? ironisa Ajatashatru.
Sophie Morceaux pouffa de rire. »

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    • Anne-Sophie Poinsu
    • Anne-Sophie Poinsu

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