Les larmes de Tarzan, Katarina Mazetti

Les larmes de Tarzan, Katarina MazettiLes larmes de Tarzan, Katarina Mazetti, Gaïa, Octobre 2007, Actes Sud, Novembre 2009, traduit du suédois

Résumé :

   Elle c’est Mariana alias « Tarzan », lui, c’est Janne alias « Jane » donc une sorte de duo inversé de Tarzan & Jane. Sauf qu’ils n’ont absolument rien en commun, que leur rencontre est un vrai accident dans tous les sens du terme. Ils tombent l’un sur l’autre _ c’est le cas de le dire_ alors que Mariana accompagnée d’une amie et de leurs enfants respectifs : au total, une véritable petite tribu, se trouve être en vacances pour quelques jours.
L’attirance entre Mariana et Janne semble réciproque, forte et la rencontre destinée à être éphémère.
Leurs routes se croisent à plusieurs reprises toutefois et celui des deux qui s’accroche le plus n’est pas nécessairement celui auquel on se serait attendu…
Le lecteur suit dans cette histoire polyphonique principalement Mariana et Janne mais pas seulement et on ne sait pas au début de chaque chapitre à qui appartient la voix du « je » ce qui peut être déroutant mais surtout très plaisant !
Mazetti parvient avec beaucoup de justesse et de délicatesse à peindre le fossé que peut séparer deux mondes en nous immergeant dans leur quotidien : celui d’une grande précarité et celui d’une richesse clinquante. Le contraste est saisissant.
Si Janne peut sembler peu réceptif (pour ne pas dire hermétique) aux problèmes d’argent de Mariana et être en ce sens agaçant, c’est simplement qu’il n’a aucune idée de ce que c’est concrètement qu’être pauvre et de ses répercussions. Par exemple, quand il tombe par hasard un jour sur son bulletin de salaire qui traîne sur la table de la cuisine, il se dit qu’elle a eu une prime vraiment misérable et s’en étonne ! Il voudrait bien l’aider par ailleurs.
Sans jamais verser dans le pathos, Katarina Mazetti parvient formidablement à dépeindre une mère de famille qui élève seule ses enfants et qui galère à plusieurs niveaux. Quelle place peut-elle encore laisse à l’amour entraperçu surtout qu’elle est toujours dans l’attente du retour d’un certain Micke ? Peut-être là où on ne l’attend pas… ou plus ? !

Critique :

Mariana et Janne alias Tarzan et Jane version jungle moderne sédoise. On peut dire qu’a priori ces deux-là n’étaient absolument pas faits pour se rencontrer ! Leur vie respective aux antipodes l’une de l’autre tant sur le plan social, familial que professionnel va être totalement bouleversée suite à un choc thermique : celui où Mariana jouant à Tarzan vient s’empaler sur un Janne outré… Mazetti excelle dans l’art de brosser des portraits de personnages authentiques, attachants confrontés à des problématiques si tangibles. Ce roman se dévore d’une traite !

Place à deux extraits qui vous montreront le contraste entre nos deux sympathiques héros!

    « Le  dimanche je me suis levée tôt et j’ai fait du pain pour le petit-déjeuner avec de la farine de seigle _ eh oui, c’était la seule qui me restait. C’est devenu plus une sorte de pâte brisée que du pain, Billy a refusé de le manger et je lui ai préparé du porridge. On n’avait plus de compote de pomme, mais j’ai trouvé une pomme à moitié pourrie que j’ai râpée dessus. Et j’ai saupoudré plus de sucre que de raisonnable, il était tout content. Bella percevait toujours quand j’étais triste, et elle a vaillamment mangé son pain de seigle friable avec une tomate fripée comme garniture, en me regardant en douce.
Ensuite, on s’est consultés pour décider comment occuper la journée. Bella avait une copine de la garderie qui avait été au « mu… mus… musée », elle aussi voulait y aller. Billy avait évidemment envie d’aller à la piscine. Il pleuvait des cordes et on n’avait pas assez d’argent pour le bus, et aussi bien au musée qu’à la piscine,  il fallait payer l’entrée. Comme ça, c’était réglé. Jouer dans le parc était exclu, dans la forêt aussi. »

« A présent, je sors rarement avec la même nana plus de trois fois, comme ça j’évite d’avoir à me tirer d’une mauvaise passe. Oui, on peut évidemment reprendre le fil au bout d’un an et relancer la machine, au nom du temps passé ensemble, si ça se trouve… Mais c’est plus rassurant avec Charlotte, tout est clair entre nous et nous faisons bien l’amour ensemble.
Les seules femmes qui me laissent une impression durable semblent être celles qui m’énervent _ une parlementaire qui pointe le doigt, une experte en parité, une… eh bien quelqu’un comme cette Tarzan du centre balnéaire.
J’ai encore son goût dans la bouche. »

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Commentaires
  1. Monchichi

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