Les filles chéries, Corinne Atlas

filles chériesLes filles chéries, Corinne Atlas paru le 7 Mai 2015 chez Seuil, 288 pages.

Après Les sœurs Ribelli, Corinne Atlas propose un second roman.

Un petit résumé :

L’histoire débute en 1966 à Paris où l’on va suivre les tribulations de trois collégiennes. Mina et Perle très proches amies et Lili qui gravite autour d’elles. Mina et Perle se donnent tous les matins rendez-vous devant la même boulangerie avant de se rendre à l’école ensemble. Leur amitié semble solide et Mina espère qu’elle durera toujours. Jusqu’au jour où Perle manque ce rendez-vous et ne répond plus à l’appel. Que se passe-t-il dans sa maison qui la rend si mystérieuse ? L’imagination de Mina élabore des scénarios redoutables. Mais cette dernière va elle aussi subir un bouleversant changement au sein même du foyer ce qui la transformera à jamais.
Quant à Lili élevée par sa mère, qui travaille comme bonne dans une famille riche, elle rêve de s’élever à un rang méritant. Studieuse, elle sent qu’elle peut aller loin. Honteuse de ses origines en attendant, elle s’enferme dans une vie de mensonges, de fantasmes et vole dans les magasins en passant pour une vraie bourgeoise.
Leur point commun à elles trois : leur héritage judaïque au moment même où Israël fait question dans le monde entier ainsi qu’un désir fort d’émancipation qui les voit osciller entre adolescence et âge adulte par le biais d’expériences plus ou moins heureuses.

Mon avis :

Sur une idée originale, Corinne Atlas tisse un roman singulier au style policé qui entremêle trois voix féminines en restituant à la perfection une époque certes pas si lointaine mais bien marquée. Les révélations et surprises se succèdent. On ne s’ennuie pas. Il a manqué à mon avis une différenciation de ton pour aborder chaque personne, chaque histoire de vie ce qui les rend parfois presque interchangeables. Les personnages sont brossés en surface, il leur manque une authenticité psychologique qui les rendrait plus concrets, plus proches de leur lecteur. C’est une impression qui ne tient peut-être qu’à moi mais je n’ai pas pu réellement les saisir dans leur unicité. Et malgré leur évolution, la fin m’a paru un peu précipitée.
Une lecture en demi-teintes mais non dénuée d’intérêt !

Un extrait nous plongeant en plein chaos familial :

« Deux jours plus tôt, le petit homme, que papa avait nommé Ruben, et qui ne parlait que le yiddish, avait débarqué chez eux, s’était assis à la table, et mis à parler. Dès ce moment ni Perle, ni Rachel, ni la mère n’avaient plus su qui elles étaient. Papa, lui, s’était tassé sur sa chaise et avait repoussé son assiette comme si toute nourriture lui était désormais interdite. Après avoir passé une nuit à pleurer, puis à crier contre son mari, puis à pleurer de nouveau, la mère avait pris les choses en main. Elle n’était pas de celles qui se laissaient marcher sur les pieds, ni déposséder de leur vie sans combattre. Elle épluchait des listes de noms, compulsait les bottins, passait coups de fil sur coups de fil. Discutait âprement, raccrochait, rappelait. Personne n’avait intérêt à lui résister. Les veines de ses avant-bras saillaient comme des os bleus, ses mains se crispaient sur tout ce qu’elle touchait, ses lèvres serrées tremblaient dès qu’elle se taisait. »

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