Les enfants du choeur de l’Amérique, Héloïse Guay de Bellissen

enfants_de_choeurLes enfants du chœur de l’Amérique, Héloïse Guay de Bellissen le 27 Août 2015 chez Anne Arrière, 236 pages.

C’est le second roman de cette jeune auteure qui semble déjà bien maîtriser son sujet.

L’histoire des Enfants de chœur de l’Amérique :

Les enfants du chœur de l’Amérique raconte avant tout l’histoire de deux enfances et jeunesses, deux êtres qui, par leur acte criminel, ont marqué l’histoire des Etats-Unis. Il s’agit de Mark David Chapman qui a assassiné John Lennon et John Hinckley qui a tenté de tuer Ronald Reagan. Entre ces deux personnages, l’auteure dresse de nombreux parallèles : une enfance en marge, une perception à part du monde qui les entoure, une société permissive (en filigrane, l’accusation du port des armes aux Etats-Unis), une passion commune pour l’Attrape-coeurs de Salinger qui a profondément marqué son jeune lectorat.
En parlant de l‘Attrape-coeurs, Guay de Bellissen donne une seconde vie à son personnage principal : Holden Caufield. Ce dernier, malheureux d’avoir été abandonné par son auteur, intervient tout au long du roman. Et il y a encore cette curieuse voix du chœur de l’Amérique qui fait parler les Etats-Unis tels une matrice suprême qui croit savoir comment élever ses enfants alors qu’elle les pousse à devenir des meurtriers.
Outre Salinger, une autre référence récurrente : celle du film Taxi Driver dans lequel la très jeune Jodi Foster interprète le rôle d’une prostituée aux côtés de Robert de Niro. John Hinckley développe une passion maladive pour cette jeune actrice dont il visionne le film encore et encore.
Côté bizarreries, Chapman n’est pas en reste : il est persuadé que son cœur est engorgé d’un trop-plein de cœurs de défunts qui auraient trouvé refuge en lui et dont il fait des sortes de compagnons d’infortune imaginaires.

Mon avis sur ce roman d’Héloïse Guay de Bellissen :

La romancière signe un livre ambitieux qui s’appuie sur de nombreux faits réels et prête la voix à deux personnages excentriques. Il donnera envie à ses lecteurs de (re)lire l’Attrape-coeurs et de (re)voir Taxi Driver. On peut tout de même lire ce roman sans connaître ces références mais le lecteur se sentira moins concerné. Le tour de force d’Héloïse de Bellissen, c’est son habileté à faire épouser chaque point de vue en nous faisant pénétrer dans l’intimité d’un personnage quel qu’il soit.
Sa façon de relater est novatrice, originale, un rien déjantée, à l’image des personnages principaux. Et donner une seconde vie à un personnage de papier si célèbre était un pari osé, il faut le reconnaître !
Le roman se lit d’une traite avec un plaisir vivace du début à la fin.

Voici votre extrait :

   « C’est une belle journée de printemps où les rayons du soleil tapent dans mes binocles. Je passe mon temps à redessiner dans ma tête le portrait d’Emmett pour ne pas l’oublier. Le jour je traîne dans les champs et les bois, je prends mes repas avec ma mère, le soir je regarde mon père boire. Tout est sous contrôle. J’ai trouvé une bonne planque près d’un ruisseau, où je construis un barrage. Dès que le soleil se barre, je le fais voler en éclats. Mais y a des moments où la vie te rappelle à l’ordre, et quand elle le fait c’est jamais pour ne rien dire. Emmett est revenu. Il a surgi de l’autre côté de la rivière. J’ai senti mon cœur se fracasser comme le clocher d’une église à l’heure du tocsin. Mes mains se sont mises à trembler, et j’ai arrangé mes cheveux. Attitude du mec cool, j’ai dit :
– Tiens, c’est toi ! Qu’est-ce que tu fais là ?
J’ai voulu ajouter « vieille branche ». Dieu merci, je me suis abstenu parce que je serais passé pour un idiot fini.
– Ca va, vieille branche, et toi ?
C’est pas vrai, bon sang, Emmett est un ringard à ma portée. J’ai envie de l’embrasser, d’aller mettre ma tenue du dimanche, de tirer au lance-pierres sur des canettes rouillées, de sauter dans l’eau du haut d’une balançoire, et je réponds :
– Ben, je fais un barrage. Tu habites par ici ? (Je t’ai cherché dans tous les coins, putain, toi et moi, c’est à la vie à la mort, ne pars plus jamais, s’il te plaît.)
– Non, enfin si, disons que j’habite partout, j’texpliquerai. Faut que j’te cause. Viens, il m’a dit. »

 

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