Le Messager, Markus Zusak

Le Messager, Markus ZusakLe Messager, Markus Zusak, Kero, paru le 6 Mars 2014, traduit de l’anglais par Emmanuel Pailler, 340 pages

Markus Zusak revient sur le devant de la scène littéraire après une longue absence et après son magnifique roman : La voleuse de livres, véritable chef-d’oeuvre qui m’a beaucoup marquée, depuis peu porté à l’écran.

Mon résumé :

Ed Kennedy, dix-neuf ans, chauffeur de taxi, a une drôle de relation avec sa mère qui se plaît à l’injurier, voue une sorte de culte amoureux transi envers Audrey qui ne le voit que comme un ami et sa vie sociale se résume à trois potes tout aussi paumés que lui : Audrey, Marv et Richie avec qui il passe des soirées à jouer aux cartes.
Il vit seul avec son chien surnommé « le Portier » qui est un très bon compagnon, fidèle et silencieux avec la particularité d’aimer le café et de dégager une odeur pestilentielle. Il a conscience que son existence est étriquée et ses perspectives d’avenir peu réjouissantes. Mais tout est sur le point de basculer dans sa petite vie tranquille.
Il est témoin d’un braquage de banque plutôt cocasse et va intervenir. Grâce à lui et à la voiture pourrie de son copain Marv qui déteste qu’on critique sa pauvre bagnole, l’apprenti bandit est arrêté. Peu de temps après, Ed va recevoir à domicile un premier message mystérieux écrit sur un as de carreau. Trois adresses y figurent. C’est le début d’une quête dangereuse pour notre héros peu habitué à endosser le costume de sauveur. Chaque fois, la mission est différente et il lui appartient de découvrir quel est son rôle et de se dépasser pour honorer cette tâche dont il ignore tout au début, jusqu’au mandataire.

Mon avis :

Oubliez La voleuse de livres (si vous l’avez lu) en ouvrant le nouveau roman de Markus Zusak car c’est un tout autre style autant romanesque que littéraire qu’il nous propose ici. Pour ma part, je n’aurais sans doute pas lu celui-ci si je n’avais pas autant aimé son précédent. L’on pourrait presque se dire qu’il s’agit de deux auteurs distincts.
Le Messager
est un roman intriguant, facile d’immersion, au personnage principal très attachant et plein de bravoure, avec une vraie légèreté et quelques notes d’humour. Son originalité réside dans l’envoi de ces drôles de missions secrètes à un personnage qui n’a rien d’un (super) héros mais qui a su se réinventer. Au fur et à mesure, Ed va grandir sous la plume de l’auteur et révéler ses vraies valeurs. On frémit avec lui, on souffre et se réjouit encore à écouter ses mésaventures qu’il nous conte avec un certain détachement qui s’apparente à de la modestie. Et pendant ce temps-là, se demande-t-on, qui lui envoie tous ces messages ? Quelqu’un de sa connaissance ? Et pourquoi lui ?
La fin, un peu rapide, n’accorde que peu d’importance à la résolution de ce mystère. Si la voleuse de livres était le chef-d’oeuvre de Markus Zusak, celui-ci vous fera passer un agréable moment de lecture entre fantaisie et parcours de vie plus poignants.
J’aurais aimé qu’il développe un tantinet plus les relations diverses entre Ed et certains des personnages qui gravitent autour de lui, au risque de ralentir le rythme soutenu du récit…

Un extrait qui décrit en quelques mots la relation complexe entre Ed et Audrey :

   « On est chez Audrey, sur son balcon. Il fait sombre mais les lampadaires sont allumés, et les gens lèvent la tête en pssant devant le lotissement. C’est à une rue de chez moi. Un peu miteux mais sympa.
Je regarde Audrey pendant la première heure de jeu, et je sais que je suis nerveux-amoureux d’elle. Nerveux, parce que parfois, je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi dire. Qu’est-ce que je peux lui dire, quand je sens le désir monter en moi ? Comment est-ce qu’elle réagirait ? Je pense que je l’énerve, parce que j’aurais pu aller à l’universté _ et me voilà chauffeur de taxi. J’ai lu
Ulysse de Joyce, bon Dieu, et la moitié des oeuvres de Shakespeare. Et pourtant je suis là, sans intérêt, sans espoir, et quasiment sans raison d’exister. Je vois bien qu’elle ne s’est jamais vue avec moi. Pourtant, elle l’a fait avec d’autres qui ne valaient pas mieux. Parfois, je n’arrive même pas à y penser _ à ce qu’ils ont fait, à cette sensation, et à son amitié qui l’empêche de me voir comme amant.
Même si je sais bien que :

Je n’ai pas envie de coucher simplement avec elle.
Je veux me fondre avec elle, juste pour un instant, si jamais j’y ai droit.
Elle me sourit en gagnant la manche et je lui rends son sourire.
Je la supplie :
Aie envie de moi,mais rien ne vient. »

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