Le doute, S. K Tremayne

le douteLe doute, S. K Tremayne paru le 3 Septembre 2015 chez Presses de la Cité, traduit de l’anglais par Isabelle Maillet, 380 pages.

S.K Tremayne est un pseudonyme pour un auteur britannique.

Mon résumé du Doute :

Angus et Sarah ont perdu une de leurs filles jumelles. Le deuil est douloureux et semble avoir encore un peu plus creusé le fossé de ce jeune couple. Dans l’espoir de pouvoir tourner la page sur un chapitre moins sinistre, ils décident de quitter Londres avec Lydia, la jumelle survivante, et d’aller s’installer sur une petite île au large de l’écosse sur l’archipel de Skye dont a hérité Angus.
Sur cette terre sauvage à la beauté crépusculaire et menaçante, le comportement de Lydia devient de plus en plus imprévisible. Cette dernière commence par prétendre qu’elle est Kirstie et non Lydia semant le doute chez sa mère.
Peu à peu, nous revenons sur ce terrible événement qui semble prendre un éclairage différent selon qu’il s’agit de la vision de la mère ou du père.
Alors que Sarah tente désespérément de retaper leur demeure insalubre et glaciale, espérant de tout cœur que leur fille va enfin pouvoir avoir une vie normale, les doutes et débuts de réponses se succèdent jusqu’à la toute fin.

Mon avis :

SS.K Tremayne signe un roman d’une grande force hypnotique, un thriller psychologique parfait, où l’ambiance pesante de ce lieu symbolique aussi magnifique que lugubre contribue à créer cette atmosphère oppressante. Au lieu d’une seule révélation finale, le lecteur se voit offrir plusieurs pistes qui constituent peu à peu un puzzle cohérent. Le doute, c’est aussi celui qui naît chez le lecteur qui ne sait pas s’il peut réellement faire confiance aux propos d’Angus et a fortiori à ceux de Sarah. Le procédé de mise à distance de la parole des narrateurs est très finement exploité ici.
Une lecture idéale par une froide journée pluvieuse par exemple ! Ou si vous cherchez un bon roman à offrir.
Si vous avez aimé ce livre, vous pourriez bien apprécier également Derrière la haine de Barbara Abel, La fille du train de Paula Hawkins, ou Avant d’aller dormir de S.J Watson. Et inversement.

Un extrait choisi du Doute :

« La vaste cuisine aérée d’Instow a toujours été au centre de la vie familiale, parce qu’elle offre une vue splendide et est équipée d’une grande table. Tout était calme. Je lisais un livre tout en buvant une tasse de thé. La soirée s’annonçait magnifique : ciel bleu teinté de rose déployé au-dessus des promontoires et de la baie. Les jumelles, déjà hâlées après un après-midi sur la plage, jouaient dans le jardin. Elles ne risquaient rien – du moins le croyais-je.
Jusqu’au moment où j’ai entendu l’une d’elles crier.
Ce cri ne s’effacera jamais de ma mémoire. Il ne me quittera jamais.
Jamais.
Sur la route qui traverse Rannoch Moor, j’agrippe le volant en accélérant. Comme si je pouvais laisser derrière moi les horreurs du passé.
Comment les choses se sont-elles enchaînées, après ? Y a-t-un indice auquel je n’ai pas prêté attention,et qui pourrait me permettre de comprendre cette affreuse méprise ?
Durant un instant, assise dans cette cuisine, je n’ai pas compris : les filles auraient dû se trouver dehors, sur la pelouse, pour profiter de la douceur du soir ; or, ce cri déchirant provenait de l’étage. Alors je me suis ruée dans l’escalier comme une folle, aveuglée par la panique, et je me suis précipitée dans le couloir à leur recherche – elles ne sont pas là, pas là non plus -, tout en sachant déjà, au fond de moi, ce qu’il en était. Puis je me suis engouffrée dans la chambre d’amis, elle aussi pourvue d’un balcon. A quatre mètres du sol.
Putains de balcons. S’il y avait bien une chose que je détestais dans cette maison, c’étaient tous ces foutus balcons. Chaque fenêtre avait le sien. Angus les détestait lui aussi.
Nous avions toujours dit aux jumelles de ne pas s’en approcher, car les balustrades étaient trop basses, pour les adultes comme pour les enfants. En même temps, je le reconnais, ils offraient tous des perspectives sublimes sur la rivière. Maman aimait s’y installer pour lire ses thrillers suédois en buvant du chardonnay de supermarché.
Alors, c’étaient les balcons que j’avais en tête et qui affolaient mon cœur quand j’ai gravi l’escalier. A peine entrée dans la pièce, j’ai vu les fenêtres ouvertes et la silhouette d’une de mes filles, toute de blanc vêtue, sur la plate-forme en saillie. »

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