L’atelier des miracles, Valérie Tong Cuong

L'atelier des miracles, Valérie Tong CuongL’atelier des miracles, Valérie Tong Cuong, paru le 9 Janvier 2013 chez Lattès et le 5 Mars 2014 en format poche chez J’ai Lu, 251 pages

Cet ouvrage a reçu le Prix de l’Optimisme.

Résumé :

Nous suivons trois personnages aux situations professionnelles, sociales et familiales bien différentes mais dont le dénominateur commun est d’avoir été abîmé par la vie et fragilisé par certaines douloureuses épreuves. Ces êtres en apparence maîtres d’eux sont en réalité d’une extrême fragilité et à tour de rôle vont être mis à terre par la gouttelette d’eau qui fait déborder une coupe déjà bien pleine. Les voilà K.O pour de bon.
Il y a Mariette, l’enseignante d’histoire-géographie dans un collège « sans histoires » semble-t-il ; Millie, secrétaire intérmaire qui s’applique à sa tâche et enfin Monsieur Mike ex-militaire reconverti en SDF.
Leur lot commun  : un fort sentiment d’incompréhension de la part de leurs semblables, un grand vide et une mésestime d’eux-mêmes. Autrefois, Mariette était heureuse d’aller travailler, elle aimait son métier et y mettait tout son coeur mais les choses ont changé. Elle n’arrive plus à se faire respecter et est tyrannisée par une bande d’élèves particulièrement retors quand ce n’est pas à la maison où son mari, politicien, tout sourire, se plaît à la torturer moralement. Un jour tout explose, elle dérape et elle est conduite dans un institut psychiatrique. Millie, on la découvre sautant de son appartement pour fuir l’incendie qui a ravagé son immeuble. Une expérience traumatisante qui souligne le vide qu’elle a dans sa vie : pas d’objets auxquels elle tient et qu’elle voudrait sauver du feu mais surtout personne qui s’inquiète pour elle ou la visite à l’hôpital.
Monsieur Mike semble être un dur à cuire comme on dit. Après avoir déserté un système militaire qu’il exécrait, il cherche juste un petit coin de chaudière pour étaler sa carcasse la nuit. Mais il a sous-estimé son ennemi et se retrouve lui aussi en service hospitalier après avoir été passé à tabac.
Alors entre en scène le fameux Jean, réparateur d’âmes cabossées qui les accoste et leur propose de les rejoindre dans son atelier d’un genre particulier. Il a de quoi les loger et cette pause leur permettra peut-être de se reconstruire. Mais Jean, cet homme qui paraît si affable et charismatique ne cache-t-il pas comme les trois héros de sombres secrets et démons ? Les miracles sauraient-ils réellement se produire ?

Mon avis :

Valérie Tong Cuong délivre un très beau roman couronné par un joli prix, celui de l’optimisme, qu’il vous sera difficile de refermer. Le lecteur se prend immédiatement de sympathie pour ces belles âmes que la vie est loin d’avoir épargnées et, très vite curieux, réfléchit à ces mystères noirs qui, survenus dans le passé, ont transformé ces êtres pour en faire des personnes peu confiantes, incapables de déceler le potentiel pourtant grand qui couve en eux.
Alors l’on se prend à rêver que peut-être, par un beau tour de passe-passe, cet atelier magique va leur être salutaire et plus encore…
Au final, un roman polyphonique réjouissant, bien écrit, pour tout public et donnant du baume au coeur. Bref, on en redemande ! Adeptes de Katherine Pancol ou encore d’Anna Gavalda, vous apprécierez certainement cette auteure talentueuse.

Place à l’extrait qui nous met face à Mariette :

   « Mon costume de professeur : parlons-en. C’était pourtant le seul que j’aie jamais choisi. Mes parents s’intéressaient à mon allure, ma coiffure, mes fréquentations, mais se moquaient de savoir quel métier je pourrais bien exercer. Ce qui leur importait, c’était de savoir qui j’épouserais. Et à bien réfléchir, professeur d’histoire-géographie était une profession très convenable, susceptible de rassurer les meilleurs partis : placé idéalement sur l’échelle sociale, ni trop haut (pour ne pas faire d’ombre), ni trop bas (pour ne pas faire honte).
Ils avaient donc payé mes études rubis sur l’ongle, avec le sentiment du devoir accompli.
Pendant presque vingt ans, j’avais exercé ce métier avec passion. Maintenant, je le sais : j’étais bien plus heureuse avec mes élèves durant toutes ces années que chez moi, face à mon mari, et même plus tard, aussi étonnant que cela puisse paraître, face à mes propres enfants. Chaque matin je m’empressais de quitter l’appartement, toute au plaisir de retrouver mes quatre murs couverts d’immenses photos et de cartes géographiques aux couleurs délavées. Les vacances scolaires me paraissaient interminables, surtout l’été qui me laissait à bout de souffle et d’ennui.

   Mais, peu à peu, les choses avaient changé. J’avais senti l’écoute se tarir, l’estime diminuer, les critiques s’accumuler. Ce n’était pas contre moi, bien sûr, c’était toute la corporation qui était visée. Les journaux nous traitaient de fainéants, de perpétuels mécontents, de sangsues de la société. On nous accusait de creuser la dette de l’Etat, de produire des générations incultes. Les élèves, baignés dans ce climat toxique, réfutaient le moindre signe d’autorité. »

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