Gravé dans le sable, Michel Bussi

1507-1Gravé dans le sable, Michel Bussi paru en poche le 1er Octobre 2015, 478 pages.

Le roman comme l’auteur nous l’explique en préambule a une histoire particulière. C’est le premier roman qu’il a écrit et le second publié. Pendant dix ans, le manuscrit alors intitulé L’Ardoise a dormi dans un tiroir avant qu’un éditeur local ne le publie sous le titre Omaha Crimes.  Après avoir connu un fort succès grâce à son Avion sans elle le livre a connu une deuxième vie avec un nouveau titre : Gravé dans le sable publié aux Presses de la Cité comme plusieurs de ses romans.

Le sujet de Gravé dans le sable :

L’histoire s’articule autour de trois périodes. La première nous plonge en 1944 au moment du débarquement en Normandie aux côtés de cent-quatre-vingt-huit rangers qui vont chacun recevoir leur ordre de passage au sortir du bateau par le biais d’un tirage au sort. Certains ont la main chanceuse, d’autres moins. Les premiers seront sacrifiés pour la réussite de l’opération. Certains sont courageux, d’autres non. Lucky, comme son surnom l’indique, fait partie de ces hommes à qui la vie sourit. Sa fiancée l’attend au pays et le numéro qu’il tire le met normalement à l’abri d’une mort certaine. Mais certains sont prêts à tout pour échanger leur mise. Y compris Lucky persuadé que sa bonne étoile continuera de veiller sur lui. Pourtant, la mort l’attend au tournant. Comment la belle et amoureuse Alice peut-elle se résoudre à continuer sa vie sans Lucky dont l’intrépidité a fait d’elle une jeune veuve malheureuse ? Comment lui, un jeune homme si veinard, a-t-il pu trouver la mort dans cette opération ? Et que s’est-il vraiment passé sur cette plage normande ? Est-ce un hasard malheureux ou bien le destin a-t-il été manipulé pour d’autres intérêts qui échappent à la jeune femme ?
Alice, pour surmonter sa peine, va partir aux États-Unis en quête de réponses qui ne s’offriront pas à elle si facilement. Car ceux qui détiennent la vérité n’ont peut-être pas intérêt à ce qu’elle la découvre.

Mon avis :

Dans ce premier roman de Michel Bussi plutôt abouti, se dessine déjà l’envie chez le romancier de proposer une véritable énigme à son lecteur tel un casse-tête qu’il ne pourra abandonner avant la résolution en forme d’apothéose. Moins complexe que ses livres suivants, l’idée de départ est ingénieuse. Même si les personnages peuvent laisser apercevoir un aspect caricatural (les bons trop gentils, les méchants très nuisibles, les lâches particulièrement couards), il y a cet humanisme qui nous fait adhérer à l’univers de Bussi. Ce n’est pas seulement un roman policier, il y a aussi l’histoire d’un amour fidèle même après la mort, un deuil impossible à faire et une amitié qui découle d’une même quête alambiquée de la vérité.
La fin ne vous laissera peut-être pas sans voix comme certains de ses autres romans mais il faut reconnaître que le tout est bien mené avec une image finale (que l’on voit tout de même venir) sonnant juste.
Un bon polar grand public facile d’accès, à découvrir !

Place à l’extrait de ce Michel Bussi :

« C’était aussi cela qui charmait Lucky, la beauté naturelle d’Alice, cette beauté de tous les jours, belle même derrière un comptoir, dans la poussière d’un trottoir ou en sueur sur les gradins d’un stade. Belle même lorsqu’elle jouait les garçons manqués, belle même lorsqu’elle tordait son visage d’une grimace. Si belle dans les yeux de Lucky.
Les yeux de Lucky…
Le car remuait de plus en plus. Un coup de frein déconcentra Alice. Elle plissa fermement le front pour garder les yeux clos. Si belle dans les yeux de Lucky… Comment désormais pourrait-elle être belle, si Lucky n’était plus là ? Sans lui, elle ne serait plus jamais capable de déformer son visage par une grimace. Elle ne serait plus jamais belle, ou laide, elle ne serait plus rien. Sans Lucky, elle redeviendrait transparente.
Le car ralentissait encore pour éviter des gravats coupant la moitié de la route. On n’arriverait donc jamais ? Alice voulait accélérer la cadence de ses souvenirs. Des flashs défilèrent, des bals du 4 juillet sous le soleil, sous les rires de toutes les générations réunies de Litchfield. Alice hurlant sur la touche du terrain de base-ball. Hurlant pour Lucky, qui une fois de plus faisait gagner à lui tout seul son équipe. Lucky porté par tout le village après la victoire en coupe, en 41. Et Alice fière, si fière d’être celle qui embrassait le héros de tout le village, d’être la seule femme aimée par ce héros, ce petit héros d’un petit village de l’Ohio. Son centre du monde à elle. »

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